Sortie du 13 septembre 2006 - 08/11/06
Les Anges exterminateurs
Un film de Jean-Claude Brisseau
Un film utopique, hélas compromis par le caractère fuyant de sa morale.
(2006, France, 1h40)
Avec Frédéric Van den Driessche, Maroussia Dubreuil, Lise Bellynck…
Synopsis : François, un metteur en scène, s’apprête à tourner un film policier. Au moment des essais pour une courte scène de nu avec une comédienne, il découvre le plaisir que peuvent éprouver certaines femmes en transgressant de petits interdits érotiques. Poussé par le désir d’apporter quelque chose de nouveau dans le cinéma, il décide de tenter le tournage d’un film mi-fiction, mi-réalité tournant autour de cette découverte qui se révèle de façon inattendue une énigme et un tabou. Sa recherche dans le domaine érotique le confronte à des questions de fond, auxquelles tout comme Icare s’approchant du soleil, il va se brûler les ailes.
Critique : Il ne faut pas chercher la raison d’être du nouveau film de Jean-Claude Brisseau dans les connivences établies entre son scénario et les propres mésaventures du cinéaste, traîné en justice voilà quelque temps par plusieurs demoiselles ayant répondu à l’une de ses annonces de casting. Il vaut mieux se demander quelle pertinence pouvait bien revêtir l’idée d’établir l’ossature d’un long-métrage autour de l’aventure d’un réalisateur nommé François, à la poursuite d’un enjeu aussi utopique et candide que la volonté de saisir et d’imprimer sur la pellicule le surgissement du plaisir féminin. Certes, voilà bien de quoi signifier le contraire d’un film pornographie jamais soucieux de laisser surgir ce plaisir, ni même de le montrer, au profit du seul orgasme masculin. Cette position « noble » sous-tend ici un sérieux par trop rigide, et quand bien même Brisseau affirme que son personnage est probablement à la poursuite du vent, il lui confère un tragique héroïsé, au lieu de le ramener à une dimension pathétique plus commune, plus humble et tout aussi valable. Il est vrai que les rares scènes de comédies, particulièrement ratées et situées dans les moments où François auditionne ses comédiennes, n’engagent pas à la favorisation du recul ou de la dérision.
Brisseau entend aussi nous parler de transgression, ce qui suppose l’idée de morale, comme il en a d’ailleurs toujours été dans la plupart de ses œuvres. Mais s’il y a ici une morale à l’oeuvre, personne ne veut assumer ses actes auprès des autres. Les jeunes comédiennes sont déclarées folles, instables ou hystériques. Si elles décident de nuire à François, c’est qu’elles sont désaxées. Lui-même, doux rêveur à la poursuite d’une chimère, est trop peu conscient pour être tenu responsable de son jeu avec le feu. L’unique personnage machiavélique demeure… le sinistre policier incarné par François Negret, qui poursuit-là une drôle de relation avec le metteur en scène qui l’a révélé à la fin des années 1980 avec « De bruit et de fureur » et « Noce blanche ». En quelques minutes d’apparition, il ne lui sera pas laissé le temps de se justifier. Voilà qui est bien schématique pour un film qui entendait se porter au-delà des conventions, et loin des réussites de son auteur, d’ « Un jeu brutal » (1983) à « Choses secrètes » (2002).
Julien Welter
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Les Anges exterminateurs
(2006, France, 1h40)
Un film de Jean-Claude Brisseau
Avec Frédéric Van den Driessche, Maroussia Dubreuil, Lise Bellynck…
Sortie du 13 septembre 2006
Edité le : 12-09-06
Dernière mise à jour le : 08-11-06