- Synopsis
Sur la jetée d'Orly, un jeune garçon est frappé par le visage d'une femme qui voit mourir un homme. Nous sommes dans les bunkers de Chaillot, juste après la troisième guerre mondiale. Des savants post-nucléaires traquent le passé dans les rêves d'un cobaye humain pour capturer l'espace-temps, le voyage dans le temps étant devenu à la fois le seul espoir et la seule issue qui reste aux survivants...- Biographie
Chris Marker est né en 1921 à Neuilly-sur-Seine. Il a d’abord été photographe avant de passer à la réalisation en 1945 avec un documentaire sur l’Allemagne d’après-guerre, tourné avec une caméra 16 mm prêtée par André Bazin. En 1950, il collabore au film Les statues meurent aussi aux côtés d’Alain Resnais qui, séduit par le talent dont le réalisateur débutant fait alors preuve, le surnomme le Magicien. À la même époque, Chris Marker écrit dans les Cahiers du Cinéma dirigés alors par André Bazin qui le baptise « premier essayiste du cinéma », titre que Chris Marker continuera d’honorer tout le long de sa carrière de cinéaste en publiant de nombreux essais sur le cinéma.
Chris Marker a écrit et réalisé une trentaine de films dont La jetée en 1962, Le Fond de l’air est rouge en 1977, Sans soleil en 1982, Le tombeau d’Alexandre et Une journée d’Andreï Arsenevitch en 2000, pour n’en citer que quelques uns.
Chris Marker porte une attention particulière et une sympathie évidente à toutes les formes de révolutions qui ont lieu dans le monde. En Chine communiste il réalisera un Dimanche à Pékin (1956) et soulignera qu’il est peut être « celui de la terre », il fera une Lettre de Sibérie (1958) en Yaoutie, où il n’a vu « ni fatalité, ni malédiction, mais des forces à vaincre », en Israël, il réalisera « Description d’un combat » (1960) dans lequel on sent sa sympathie pour le droit à l’existence d’un peuple martyr. Et à la Havane où le castrisme a installé des « mitrailleuses sur les toits et congas dans la rue », il réalisera le film Cuba si ! (1961).Les films de Chris Marker se situent à la croisée du documentaire, de l’ethnographie et de l’avant garde cinématographique. Qu’il analyse des conflits politiques, rende hommage à des artistes ou explore un pays, il associe toujours une démarche de poète à une attitude d’intellectuel engagé.
Constamment en quête d’un langage adapté à son propos, Marker n’hésite pas à explorer les nouvelles techniques audiovisuelles. Ainsi, il réalise en 1990 une installation vidéo interactive qu’il nomme Zapping Zone dans le cadre de l’exposition « Passages de l’image » au Centre Georges Pompidou. En 1997, il élabore le CD Rom Immemory dans lequel il fait voyager le spectateur au coeur de sa mémoire par des textes, des photos, des extraits de films, des animations par ordinateur, et par des éléments graphiques et musicaux.
Dans son ouvrage intitulé Chris Marker, écrivain multimédia ou Voyage à travers les médias, Guy Gautier notait:
Parcourir la filmographie de Chris Marker, c’est lire en accéléré l’histoire de la seconde moitié du XX ème siècle, celle des idéologies, des mouvements intellectuels, mais surtout des techniques audiovisuelles. De la photographie au CD-Rom, en passant par tous les formats cinématographiques, la vidéo, la télévision, l’image virtuelle, il a exploré dès leur apparition, les innovations qui ont bouleversé et perpétué l’art des images.
- Filmographie
1950 - Les statues meurent aussi (coréalisé avec Alain Resnais) (30mn, 35 mm)
1952 - Olympia (82 mn, 16 mm)
1956 - Dimanche à Pékin (22 mn ,16mm)
1958 - Lettre de Sibérie (62 mn, 16mm)
1960 - Description d'un combat (60 mn)1961 - Cuba Si ! (52 mn, 16mm)
1962 - La jetée (28mn, 35mm)
1963 - Le joli Mai (165mn ,35 et 16mm)
1965 - Le mystère Koumiko (54 mn, 16mm)
1966 - Si j'avais quatre dromadaires (49 mn, 35mm)
1967 - Loin du Viêt-nam (115 mn, 35 mm)
1968 - La sixième face du Pentagone (28 mn, 16 mm)A bientôt j'espère (43 mn, 16mm)
1969 - On vous parle du Brésil : Torture (20 mn, 16mm), On vous parle de Prague : Le deuxième procès d’Arthur London (28 mn, 16mm), Jour de tournage (11 mn, 16mm)
1970 - On vous parle du Brésil : Carlos Marighela (17 mn, 16mm), On vous parle de Paris : Maspéro. Les mots ont un sens (20 mn, 16 mm), La bataille des dix millions (58 mn, 16mm)
1971 - Le train en marche (32 mn, 16mm)
1972 - Vive la baleine (17 mn, 35mm)
1973 - L’ambassade (20 mn, super8), Puisqu’on vous dit que c’est possible (47 mn, 16mm)
1974 - La solitude du chanteur de fond (60 mn, 16mm)
1975 - La spirale (155mn, 35 mm)
1977 - Le fond de l'air est rouge (240mn, 16mm)
1978 - Quand le siècle a pris forme (« Guerre et Révolution ») (15 mn, vidéo- multiécrans )´
1981 - Junkopia (6 mn, 35 mm)1982 - Sans soleil (100 mn, 35 mm)
1984 - 2084 (10 mn, 16mm)
1985 - A.K. (71 mn, 35mm)
1986 - Mémoire pour Simone (61 mn, 35 mm)
1989 - L’héritage de la chouette (13 épisodes de 26 mn, 16mm)
1990 - Berliner Ballade (25 mn, vidéo), Getting Away With it ( 4 mn 27s, vidéo), Zapping Zone (installation vidéo/photo/informatique/interactive)
1993 - Le Tombeau d'Alexandre (118 mn, vidéo)
1994 - Le 20 Heures dans les camps (26 mn, vidéo), Silent Movie (installation multimédia)
1995 - Le facteur sonne toujours cheval (52 mn, 35 mm), Casque bleu (27 mn, vidéo)
1997 - Level Five (105 mn, 35 mm), Immemory ( CD Rom interactif)
1999 - Une journée d’Andrei Arsenevitch (55 mn)
2000 - Un maire au Kosovo (27 mn)
2001 - Le souvenir d’un avenir (co-réalisé avec Yannick Bellon, 42 mn, vidéo)
2004 - Chats Perchés (59 min)
- Prix
Prix Jean Vigo en 1963
Prix du Giff-Wiff (club de bande dessinée 1963 première attribution).
Grand Prix au festival de science fiction de Trieste 1963







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