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Le fabuleux destin des inventions - 29/12/04

1 - Et la longitude fut

Il faut résoudre le problème de la longitude


En 1707, après avoir mené des combats victorieux, l’amiral britannique Cloudesley Shovell met le cap sur sa terre natale avec son escadre. Des jours durant, il se fraye un chemin à travers un épais brouillard en direction de la Manche.

L’amiral et ses officiers pensent leur flotte en sécurité dans les eaux de Bretagne. Un marin découvre alors que les vaisseaux se dirigent tout droit vers les inquiétantes îles Scilly. Mais comme cela contredit les prévisions des officiers de la Navy, l’amiral se refuse à dévier de son cap. Les îles Scilly se dressent face à Lands End et le 22 octobre, vers huit heures, ce vaisseau est le premier à percuter les rochers perfides. Cette nuit-là, la Couronne britannique perd quatre des cinq navires de guerre. Les îles Scilly se transforment en tombeau anonyme pour 1 700 marins, uniquement en raison de l’impossibilité de déterminer la longitude et donc la position exacte d’un navire.


Des méthodes rudimentaires

On retrouve la longitude, héritage de Ptolémée, sur certaines représentations du monde striées de lignes horizontales et verticales. La plus proche intersection de deux lignes permet de localiser un point. La latitude est constituée de lignes fictives parallèles à l’équateur et faisant le tour du globe terrestre. De zéro degré à l’équateur à quatre-vingt-dix degrés à chacun des deux pôles. Les trois cent soixante lignes de longitude forment des demi-cercles verticaux reliant les pôles et subdivisant l’équateur en autant de degrés. Jusqu’au XVIIIe siècle, les navigateurs ne savent se diriger que grâce à la latitude, calculée selon la course du soleil. S’il ne peut déterminer à la fois la latitude et la longitude, un marin est incapable de connaître sa position exacte.
Les capitaines sont alors condamnés à évaluer la longitude au jugé. Le nombre de nœuds déroulés par un filin durant un tour de sablier donne la distance. En tenant compte des courants marins et des vents instables, le capitaine tente ensuite de déterminer sa position. Cette technique porte un nom terrible, celui de « Dead reckoning » (« estimation de la mort »), car elle conduit souvent à des erreurs fatales.

La longitude à tout prix

Les navires condamnés à employer des routes éprouvées constituent des proies faciles pour les pirates. Les assauts sont si fréquents que la navigation dans les Caraïbes est pratiquement paralysée. Le cabotage est tout aussi périlleux. La nuit, des naufrageurs agitent des lanternes pour attirer les navires marchands sur des récifs et piller ainsi les épaves dès le lendemain venu.
Les capitaines, les commerçants et les propriétaires de bateaux marchands signent une résolution qu’ils soumettent comme un défi au Parlement. Ils exigent que le gouvernement agisse, qu’il reconnaisse l’urgence du problème de la longitude, qu’il nomme une commission et alloue des fonds pour développer des solutions.

© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion

Edité le : 29-12-04
Dernière mise à jour le : 29-12-04