L’histoire de Napora illustre bien le destin de nombreuses femmes d’Umoja. Pendant la corvée de bois, elle a été violée par un inconnu. Lorsqu’elle raconta l’agression à son mari, celui-ci la battit et la chassa. Rejetée et humiliée, elle trouva finalement refuge à Umoja. Aujourd’hui, la communauté de femmes lui offre sécurité et réconfort, mais les blessures physiques et morales de la jeune femme sont loin d’être guéries.
En souahéli, Umoja signifie « unité » et c’est effectivement ce que les femmes trouvent ici. Elles se réunissent régulièrement pour discuter dans la maison commune ou sous l’immense acacia situé au centre du village. Ensemble, elles essaient de surmonter leurs traumatismes. « Nous voulons être heureuses et oublier nos problèmes », déclare Rebecca Lolosoli la fondatrice du village. « Exit humiliation, mépris et maltraitance, rien que du respect ! » tel est le mot d’ordre. A Umoja, la cohabitation repose sur des règles édictées par les habitantes et tout y est mis en commun. Par ailleurs, les villageoises ont toutes un toit sur la tête et des terres, élèvent du bétail qu’elles abattent de leur main : des droits et des tâches interdits aux autres femmes de la région.
Dans le Samburu en effet, lorsqu’une femme se marie, elle devient automatiquement la propriété de son mari. Il est inconcevable qu’elle possède de la terre ou du bétail. Les hommes d’Archer’s Post, le village voisin, se sentent menacés par la nouvelle indépendance des habitantes d’Umoja. Lorsque les villageoises viennent y faire leurs courses, elles sont harcelées et traitées avec mépris. Pourtant, elles ne se laissent pas impressionner et n’hésitent pas à s’engager au niveau politique pour défendre la cause des femmes kenyanes. Ainsi, Rebecca Lolosoli voyage même régulièrement à l’étranger afin de sensibiliser l’opinion publique internationale sur la situation des femmes de son pays. Elle est optimiste : « l’avenir sera meilleur ». Soucieuses de conforter leur indépendance financière, les habitantes d’Umoja envisagent de créer dans leur village un camp de touristes, une étape de plus sur la voie du respect et de l’autodétermination.
Vous pourrez voir ou revoir cette émission après la diffusion à l'antenne - gratuitement - en intégralité - pendant sept jours sur ARTE+7.








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2 commentaire(s)
titre | révoltant
05.09.2011 - 14h35
Entièrement d'accord avec vous... Le courage de ces femmes face au "traditions" de leur culture est exemplaire mais le silence des autorités face aux crimes commis contre elles est insupportable. Ces femmes ont dénoncé les viols, ont porté plainte et aucune réponse en retour. Aucune considération. Un viol sur le sol anglais est répressible alors qu'un viol commis là bas est une "anecdote"?! Les soldats agissent depuis 30 ans, loin de leur famille, en toute impunité.... C'est juste scandaleux ! Merci tout de même pour ce reportage, qui est une fois encore une triste vérité de notre société mais en même temps une belle leçon de courage !
non dits | lbdtv
23.08.2011 - 15h54
Je viens de voir le reportage et une chose me choque encore plus que la violence subie par ces femmes : le silence des autorités britanniques. Ces viols sont commis par des soldats britanniques, qui viennent d'un camp d'entrainement proche du village. Ils profitent de l'isolement des femmes lorsqu'elles vont chercher l'eau à la rivière pour les attaquer. Ces femmes ne sont pas seulement les victimes d'une culture qui les exploite et les avilie, elles le sont aussi de citoyens d'une nation qui se dit civilisée. " It's so british, no ?" ...
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