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Le fabuleux destin des inventions - 29/12/04

2 - L'horloger

La mesure de l'heure pour objectif


En juillet 1714, le Parlement anglais vote finalement une ordonnance appelée « Longitude Act ». Une prime faramineuse de vingt mille livres, équivalent de deux millions d’euros actuels, est promise à celui qui mettra au point un dispositif permettant de déterminer la longitude en mer avec une marge d’erreur maximale d’un demi degré en quarante-deux jours de mer. L’Observatoire royal de Greenwich devient le siège de la « Commission de la Longitude ». Constituée de scientifiques, d’officiers de marine et de membres du gouvernement, elle a carte blanche pour la remise du prix. La prestigieuse commission comprend sir Edmond Halley, astronome royal, ainsi que le savant Isaac Newton, conseiller le plus influent. Newton est convaincu que la solution est indissociable de l’organisation des corps célestes.


John Harrison, un horloger inventif ...

À quelques jours de voyage de Londres, dans un petit village sur les bords de la rivière Humber, un homme entrevoie une solution complètement différente à ce problème. Il s'agit de John Harrison. Ce fils d'un modeste charpentier est doué d'une grande intelligence. Formé à l’ébénisterie, il est fasciné par la mécanique. À l’âge de 20 ans, il crée sa première horloge à balancier.

L' hypothèse suivante va le lancer dans la compétition pour la prime. La Terre tourne de trois cent soixante degrés en un jour, soit quinze degrés par heure. Si la montre d’un marin indique exactement midi dans son port d’attache, par exemple Greenwich, en Angleterre, et que le soleil est à une heure de son zénith là où il se trouve en mer, il sait que son navire se situe à quinze degrés à l’ouest de Greenwich. Il semble donc impératif pour les marins de connaître l’heure exacte du port d’attache, même lorsqu’ils naviguent à des milliers de kilomètres de chez eux. Connaître l’heure exacte en mer peut-il contribuer à déterminer la longitude ? Newton émet des doutes : aucune horloge au monde n’est capable de livrer des résultats fiables en mer.


... et un candidat inattendu

On ignore comment John Harrison, habitant au fin fond du Yorkshire, a pris connaissance de la prime offerte. Le jour où il décida de participer au concours il s’attaquait en tout cas à l’œuvre de sa vie. Horloger autodidacte, il se fait rapidement un nom dans le comté. Lord Yarborough entend parler de l’artisan et lui commande une horloge pour la tour de sa fastueuse demeure de Brocklesby Park. Nous sommes en 1720.
John Harrison crée une horloge en bois dont le mécanisme n’a pas besoin d’être lubrifié. Les rares pièces métalliques sont en laiton, matériau qui ne rouille pas. Le système d’échappement permet au mécanisme de fonctionner avec un minimum de frictions. Une horloge pouvant se passer de lubrifiant, véritable révolution à l’époque, doit être plus exacte en mer que les horloges en métal.
Isaac Newton est lui très sceptique sur la possibilité de créer une horloge capable de fonctionner sous des conditions aussi extrêmes que celles d'un voyage ne bateau.


Riche et célèbre ?

Au cours de l’été 1730, Harrison entame les trois cent soixante kilomètres qui le séparent de Londres. Depuis quatre ans, il a mis au point un dispositif pour remédier aux fluctuations de température qui affectent les balanciers d’horloge. La chaleur dilate et ralentit le mécanisme, le froid le rétracte et l’accélère. Le pendule de Harrison alterne les tiges de laiton et d’acier dont les coefficients de dilatation thermique sont différents et se contrarient, de sorte que le centre de gravité du balancier ne bouge pas. Harrison est conscient qu’il peut devenir riche et célèbre si ses horloges précises se révèlent aussi fiables en mer.

© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion


Edité le : 29-12-04
Dernière mise à jour le : 29-12-04