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Le fabuleux destin des inventions - 29/12/04

2 - Le coup d'envoi

Une mer tourmentée et un câble qui rompt



En mars de la même année, Cyrus Field convoque dans son bureau plusieurs hommes d’affaires new-yorkais réputés. Samuel Morse leur explique que l’installation d’un câble sous-marin sur une distance de 2 500 kilomètres est techniquement faisable.

La Compagnie de Télégraphe New York/Terre-Neuve/Londres est fondée. Cyrus Field en est l’actionnaire principal et Samuel Morse son plus proche conseiller.

La réserve d'or est épuisée

La liaison entre New York et Saint-Jean à Terre-Neuve sera la première mission de la jeune entreprise. Deux cent quarante kilomètres de câbles sous-marins doivent être installés dans les eaux houleuses de la baie du Saint-Laurent. Lors de la première sortie, le voilier est pris dans une tempête. Le capitaine est contraint de couper le câble pour sauver son bateau. Les ouvriers mettent un an pour poser les 1 600 kilomètres de câble jusqu’à Saint-Jean. L’opération engloutit un million de dollars. La jeune entreprise est exsangue. Les ingénieurs ont sous-estimé la difficulté du projet. La liaison avec New York est néanmoins établie.

Alors que Cyrus Field se met en quête de nouveaux financiers, des sociétés de télégraphie de la côte Est jusqu’au Missouri forment un nouveau groupe baptisé Western Union Telegraph Company. Le puissant groupe ne tarde pas à lancer son propre programme pour relier l’Europe et l’Amérique avec un câble de télégraphie. Cyrus Field doit ainsi faire face à un concurrent inattendu.


La pression du délai

Cyrus Field revient à Manhattan après un de ses nombreux voyages en Angleterre. Il planifie avec des techniciens et des ingénieurs la pose du premier câble transatlantique. Cyrus Field se bat depuis des années pour que les autorités britanniques ou américaines consentent à mettre des bateaux à vapeur à la disposition du projet. Le temps presse. Il a promis à ses investisseurs que la liaison entre les deux continents serait achevée en 1857. La pose ne peut se faire qu’en été. Le reste de l’année, les tempêtes et les icebergs rendent l’opération trop périlleuse.

Cyrus Field tente maintes fois de convaincre le Congrès américain. Franklin Pierce, le Président des États-Unis, finit par accorder les navires demandés le dernier jour de son mandat présidentiel. Field pense avoir atteint son objectif. Rien ne peut plus l’arrêter. Bientôt, l’« Agamemnon » et le « Niagara » s’élanceront en mer depuis l’Irlande.


Un câble gigantesque

Cyrus Field donne le coup d’envoi. Il charge la société anglaise « Glass & Eliott » de fabriquer ses câbles. En 1857, la manufacture d’un câble sous-marin d’une longueur inouïe relève de l’exploit. Field exige en effet 4 000 kilomètres de câble parfaitement isolé en six mois !

Une seconde entreprise sera finalement contactée pour respecter le délai. Cet empressement ne restera pas sans conséquence. Pendant ce temps, l’« Agamemnon » et le « Niagara » sont transformés pour accueillir des dérouleuses sur leur pont. Ces machines doivent réguler la vitesse de déroulement du câble. Si le câble défile trop vite, il forme des nœuds, s’il défile trop lentement, il peut rompre. Quand le câble est enfin livré, 120 hommes mettent trois semaines à enrouler l’immense serpent dans des cuves rondes installées dans les cales.

© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion

Edité le : 29-12-04
Dernière mise à jour le : 29-12-04