Un récent sondage de l’Institut Français Ipsos montre que les Français ne font confiance aux patrons ni pour lutter contre les délocalisations, ni pour augmenter les salaires ni même pour créer des emplois et que ce sont les patrons des grandes entreprises qui sont les plus détestés. Il est sûr que les révélations sur des salaires mirobolants, des fautes de gestion voire des malversations n’aident pas les patrons à se faire apprécier ! Quelles conséquences cette crise de confiance a-t-elle sur l’avenir des entrepreneurs européens ? - L'invité
Daniel Cohen, professeur de sciences économiques à l’Ecole Normale
Supérieure et Directeur du Centre pour la Recherche Economique et ses Applications (CEPREMAP). Auteur de « 3 leçons sur la société post-industrielle » ( Editions Le Seuil)
- Reportages
Tempête sur les salaires des patronsCombien de vie faudrait-il à un salarié européen moyen pour gagner le salaire d¹un PDG ? Ces rémunérations s’estiment toujours en millions d’euros, souvent quelques 350 000 francs par jour (pour retourner à d¹anciens repères). « Stock-options », « golden parachutes » (primes de départ) et autres bonus, la liste de l¹indécence capitaliste est multiforme, et même si elle est souvent critiquée elle est finalement peu condamnée et rarement contrôlée. Selon l’European Corporate Governance Institute (l’ECGI), institut basé à Bruxelles, les grands patrons français bénéficieraient en Europe du salaire annuel moyen le plus élevé, devant leurs homologues britanniques. Rappels et données.
Scandales financiers : la délinquance en col blanc (Italie)Décembre 2003 .En Italie le scandale financier provoqué par Parmalat défraye la chronique et ébranle l’économie du pays : certains évoquent le séisme américain de l¹affaire Enron. Le groupe agroalimentaire Parmalat est le premier producteur de lait UHT et, au moment du déclenchement de l’affaire, il employait plus de 36.000 personnes dans 30 pays du monde entier. L’enquête révèle un trou de 14 milliards d’euros dans les comptes de l¹entreprise et révèle le plus grand scandale financier jamais connu en Europe. Environ 135.000 épargnants italiens ont vu leurs économies englouties dans ce krach.
Les dessous d’Aubade (France)Délocalisation en Tunisie, plan social et désert industriel, panique, déprime et désolation dans la Vienne chez Aubade, la prestigieuse marque de dessous chics, entreprise du groupe Suisse Calida qui, le 4 octobre 2006, a annoncé la suppression de 180 emplois sur 283 et la fermeture prochaine de la petite usine de La Trimouille. Cette déconfiture est mise sur le dos de la concurrence chinoise, dont les quotas d¹importation sont libres depuis janvier 2005. Une ouvrière d¹Aubade après 47 ans passés dans l’entreprise gagne 1.085 euros net par mois. Après 32 ans et un mois de présence, elle ne perçoit que 113 euros de prime de départ. Immersion chez ces employées qui n’ont plus rien à perdre. En 1995 elles avaient déjà fait huit jours de grève pour réclamer entre autres, un treizième mois qui leur a finalement été refusé. « Nous ne travaillons pas à Aubade mais au bagne » déclare une employée.






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