Une vie presque normale sauf qu’Angel a été condamné pour trafic de drogue. Lui et son épouse vivent dans une prison : le pénitencier de San Pedro, à la Paz, en Bolivie.
Mille quatre cents hommes y sont incarcérés, sans possibilité d’en sortir. Certains y vivent avec leur épouse. D’autres ont même emmené leurs enfants avec eux.
A San Pedro, les gardiens n’entrent que très rarement et se cantonnent à la surveillance de la grille d’entrée. Livrés à eux-mêmes, les prisonniers composent un véritable petit village. Au détour des ruelles, on trouve des restaurants, des épiciers, des vendeurs de fruits et même une menuiserie. Des vraies petites entreprises qui vendent à l’intérieur comme à l’extérieur.
Travailler est une nécessité car, ici, tout est payant, à commencer par le logement. Les prisonniers sont locataires ou propriétaires de leur cellule. Compte tenu du faible budget alloué par l’Etat, le conseil des délégués, sorte de syndic du pénitencier, fait payer un droit d’entrée à chaque nouvel arrivant.
Wilmer Gonzales n’a pas pu payer cette « taxe ». Pour rembourser, ce jeune voleur de 21 ans doit travailler gratuitement pour ses co-détenus. Désabusé, il attend son jugement.
La drogue entre et sort de la prison comme d’un moulin. Edmundo Aquize Leon, alias Pachuli, a été arrêté pour possession de stupéfiants. C’est un artisan, mais aussi un drogué. Pour lui, être écroué à San Pedro équivaut à enfermer un diabétique dans une sucrerie. D’autres ont sombré et squattent des cellules délabrées.

Marching Powder
Roman en Anglais tiré du témoignage d’un détenu de San Pedro.
De Rusty Young et Thomas McFadden.
Editions St Martin’s Griffin, New York, 2004.

Cette face sombre, les touristes ne la verront pas. Chaque jour, la prison accueille une cinquantaine d’étrangers en mal de sensations fortes. Le « ticket d’entrée » est à 25 euros, ce qui en fait l’une des attractions touristiques les plus chères de Bolivie. De l’argent qui tombe directement dans la poche des délégués des prisonniers et des gardiens.
A San Pedro c’est toute la Bolivie que l’on retrouve : l’injustice, le dénuement, mais aussi l’ingéniosité et la solidarité.







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