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Le fabuleux destin des inventions - 29/12/04

3 - La compétition avec les astronomes

La question de la meilleure méthode


Arrivé à Greenwich et confiant en ses innovations, Harrison présente ses plans aux astronomes royaux. La « Commission de la Longitude » ne s’est encore jamais réunie officiellement.


Premier examen

Harrison a résolu le problème de la lubrification, il a développé un chronomètre pratiquement vierge de toutes frictions et a inventé un balancier convenant à tous les climats. À présent, il se sent prêt à affronter les astronomes. Sir Halley est un des premiers à analyser ses plans et à écouter Harrison lui décrire son garde-temps de marine révolutionnaire. Dans son for intérieur, l’astronome sait pertinemment que la « Commission de la Longitude » n’acceptera pas une solution mécanique pour un problème qu’elle considère comme strictement astronomique. La Commission est composée d’astronomes reconnus, de mathématiciens renommés et de navigateurs chevronnés. Comment un simple charpentier de village a-t-il l’outrecuidance de penser résoudre le plus grand problème de marine de l’époque !


L'Europe scientifique à la même heure

À travers toute l’Europe, les astronomes s’acharnent à trouver le moyen de déterminer la longitude en mer. À Paris, cette quête a provoqué des décennies auparavant la construction d’un nouvel observatoire. Louis XIV fait venir de célèbres scientifiques dans son royaume. En observant les lunes de Jupiter, on est capable de déterminer avec précision la longitude sur terre.
Un siècle plus tard, John Harrison se met en tête de remplacer cette horloge cosmique peu aisée à observer depuis un bateau par une horloge mécanique. Il a reçu un prêt sans intérêts pour réaliser un chronomètre de marine. Harrison travaille des années durant comme un possédé à un projet baptisé « H1 ». Au cours de cette période, son épouse décède, il se remarie et sa nouvelle femme lui donne deux enfants. Quant au « H1 », il n’est toujours pas satisfait de son fonctionnement. Il ne peut pas le présenter à la « Commission de la Longitude » à Londres. Pas encore.


Un test grandeur nature

Harrison attend l’occasion de tester son chronomètre en mer. Bien que les décideurs à Londres soient impressionnés, ils font patienter l’horloger. En mai 1736, il obtient enfin une réponse positive. Pour son tout premier voyage en bateau, Harrison va naviguer jusqu’à Lisbonne. Les creux de la mer et le roulis du bateau font maintes fois perdre la mesure à l’horloge. Lors du retour, la mer est plus calme et le « H1 » se montre bien plus précis. Après quatre semaines, le capitaine pense avoir atteint Start Point, sur la côte anglaise. Selon les calculs de Harrison, le vaisseau se trouve soixante milles marins plus à l’ouest dans des eaux dangereuses. Le capitaine se laisse convaincre et change de cap au dernier moment. Grâce à sa précision, le chronomètre de marine a sauvé un équipage lors de son tout premier essai en mer.


La compétition commence

Fin juin 1737, John Harrison passe avec son merveilleux garde-temps devant la « Commission de la Longitude ». L’astronome royal Halley, l’amiral Norris, le professeur d’astronomie Bradley et le premier amiral sir Charles reconnaissent à l’unanimité que Harrison a rendu un immense service à la Couronne. Il peut s’en prévaloir pour demander une traversée afin de prouver que le « H1 » mérite de remporter les vingt mille livres de prime promises par la « Longitude Act ». Mais Harrison est trop perfectionniste pour se satisfaire de ce résultat.
L’horloger têtu rentre finalement chez lui avec cinq cents livres en poche. Il veut améliorer son œuvre, construire un « H2 » avant de solliciter un essai officiel. Or il n’est pas le seul à s’intéresser à la formidable prime de la « Longitude Act ». John Harrison est confronté à un adversaire redoutable. Neville Maskelyne, astronome ambitieux, s’installe à Londres et fait rapidement parler de lui. Diplômé de Cambridge, c’est un bourreau de travail et un donneur de leçon. Devenu l'assistant de l’astronome Bradley, il tente avec lui de résoudre le « problème des longitudes » à l’aide des étoiles. Une compétition implacable commence entre le défenseur de la méthode de la distance lunaire et le « gardien du temps ».

© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion


Edité le : 29-12-04
Dernière mise à jour le : 29-12-04