Un coup de pouce aux partisans de la méthode lunaire
En 1750, Tobias Mayer publie une carte de la Lune dont la précision ne sera pas dépassée avant plus d’un siècle. Comme les autres astronomes, Mayer est convaincu que le calcul des distances lunaires constitue la seule solution possible. Il n’existe toutefois pas d’éphémérides lunaires très précises, des tables de prévision des positions de la lune permettant de traduire la distance en position longitudinale. L’élaboration de ces éphémérides se révèle la tâche la plus ardue. Mayer réussit toutefois à résoudre le problème. S’appuyant sur les récents travaux théoriques d’Alexis Clairaut, il crée les premières éphémérides, clé manquante pour les adeptes du calcul des distances lunaires.Mayer pense avoir résolu la question de la longitude et envoie ses explications à Londres. Tobias Mayer décède la même année. Sa famille touche à titre posthume trois mille livres de la « Commission de la Longitude ». Neville Maskelyne, ardent défenseur de la méthode des distances lunaires, est convaincu que cette voie ne tardera pas à s’imposer.
Un "H4" au-delà des exigences
En 1761, Harrison a soixante-huit ans lorsque sa montre est finalement mise à l’essai lors d’un voyage à la Barbade. Il est accompagné de son fils. En neuf semaines, le "H4" ne perd que cinq secondes, bien mieux que le minimum exigé pour recevoir le prix. La Commission n’est pourtant pas satisfaite. Elle prétend que c’est un coup de chance et impose une seconde traversée. Pour les scientifiques et les navigateurs, cette montre semble incongrue. Harrison consent à un second test en mer. Trois plus tard, son fils William monte à bord du « Tartar » pour se rendre à la Barbade. C’est une sensation : le « H4 » ne perd que trente-neuf secondes en cinquante-six jours.Les brimades de la « Commission de la Longitude »
Dès le retour de Harrison en Angleterre, la « Commission de la Longitude » se réunit. Le prix doit revenir à l’artisan, car son invention répond en tout point aux exigences de la « Longitude Act ». Les astronomes royaux inverse l'ordre des choses. La commission persécutera des années durant le vieil homme : convocations à répétitions, modification de l'interprétation des règles de la « Longitude Act ». Cet acharnement ira jusqu'à la confiscation des horloges d'Harrison. Devant tant de brimades, celui-ci aura finalement recours au roi George III.Le roi contourne la Commission et s’adresse directement au Parlement. Harrison reçoit le droit de se justifier auprès des ministres. La même année, on lui attribue une prime de huit mille sept cent cinquante livres. Cinquante ans après ses premiers plans, son garde-temps est enfin reconnu. Les capitaines se procurent avec leur propre argent la précieuse montre, bientôt produite en série.
John Harrison n’a guère profité de sa célébrité et de sa richesse. Le modeste horloger de la campagne qui a permis aux marins du monde entier une navigation sûre décède le 24 mars 1776. Le méridien zéro traverse le jardin de l’Observatoire de Greenwich. Cette longitude est le point de référence pour déterminer l’heure mondiale, et l’heure demeure la base de toute la navigation.
© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion






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