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Le fabuleux destin des inventions - 29/12/04

6 - La technologie

La solution miracle vient de la jungle


Un câble sous-marin doit être extrêmement robuste, car il est soumis à des tensions énormes à des milliers de mètres de profondeur. Il lui faut une isolation optimale afin de ne pas casser dans l’eau glacée. Au XIXème siècle, des années de recherches ont été nécessaires pour trouver le matériau idéal pour isoler les câbles de télégraphie.


L'isolant idéal

La solution est venue de la gutta-percha, une gomme issue de la sève laiteuse d’un arbre originaire d’Asie du sud-est. Un Anglais importe le produit miracle de la jungle malaysienne à Londres. Un certain Faraday découvre que ce matériau naturel possède des qualités isolantes exceptionnelles. Portée à 60 degrés Celsius, la gutta-percha se ramollit et devient malléable. Entre O et 25 degrés, elle est robuste comme du cuir, mais souple. Protégée de la lumière, elle préserve de longues années durant son élasticité, d’autant plus quand elle est plongée dans de l’eau salée.

Avec ses qualités supérieures à celles du caoutchouc, la gutta-percha se révèle idéale pour isoler les conducteurs utiles des câbles sous-marins. En Allemagne, le jeune Werner Siemens met au point le prototype d’une machine capable d’isoler sans soudure des câbles de cuivre avec de la gutta-percha. Sa presse « Gutta-Percha » sera une des pierres fondatrices du succès de l’entreprise familiale. Après quantité d’essais, Siemens définit la température exacte à laquelle le matériau atteint une consistance idéale. Grâce à ces expériences, la gutta-percha devient l’isolant privilégié des câbles de télégraphie, en particulier pour la pose sous-marine.

Une conception défectueuse


Tom Bancroft est un spécialiste passionné par les câbles de télégraphe historiques. Cette fois, il plonge dans la mer des Antilles, au large de la Floride. Il cherche un câble posé en 1866 entre Miami et Cuba. Il date des débuts du câblage sous-marin, peu de temps après la guerre civile américaine. Au fil des années, Tom Bancroft est devenu un véritable expert. Il visite les régions les plus isolées du monde pour trouver des vestiges des tout premiers câbles sous-marins. Aujourd’hui, on sait que le premier câble transatlantique trahissait un défaut de fabrication. Sa section était trop faible par rapport à l’immense distance, et l’isolation n’était pas régulière.

Deux sociétés ont fabriqué le câble en travaillant trop vite et de façon approximative. De plus, une société a enroulé la gaine du câble vers la gauche et l’autre vers la droite, ce qui ne favorisait pas la stabilité. Tom Bancroft avance une autre hypothèse pour expliquer la défaillance du câble : les tarets, des mollusques xylophages. Quand l’armature est fissurée, ils s’infiltrent jusqu’à la couche de gutta-percha pour s’en nourrir, détruisant ainsi l’isolation.


La fibre optique supplante le cuivre

Aujourd’hui, le cuivre n’est plus utilisé comme conducteur. Il est remplacé par la fibre optique, constituée de silice d’une grande pureté. Elle est 15 000 fois plus perméable à la lumière que le verre domestique. Un barreau de verre est chauffé à 2 000 degrés dans une tour d’étirement. Le verre s’étire et forme ainsi une fibre optique d’une extrême finesse. Un barreau de un mètre de longueur et de dix centimètres de diamètre donne une fibre optique de 150 kilomètres. L’ immense capacité de ces fibres vient de la lumière. Cette dernière forme un vaste spectre de couleurs en se réfractant. Les couleurs constituent chacune un canal d’informations distinct tout en étant disponibles simultanément. Les impulsions lumineuses se déplacent à une vitesse inégalable.

Fin comme un cheveu, un brin de fibre optique peut en théorie transmettre simultanément 100 000 millions de communications téléphoniques. Réunis par 12, 24 ou 48, selon les capacités souhaitées, les brins de fibre optique sont introduits dans un tube de cuivre fin, lui-même gainé par plusieurs couches de fils d’acier croisés. Vu de l’extérieur, un câble de fibres optiques ne se distingue pas des premiers câbles transatlantiques.

© ZDF/Axel Engstfeld Filmproduktion

Edité le : 29-12-04
Dernière mise à jour le : 29-12-04