Sortie du 8 juin 2005 - 09/06/05
A dirty shame
Un film de John Waters
Une autre facette de l'univers débridé de John Waters : un Messie du sexe bouleverse un quartier ouvrier de Baltimore.
(USA, 2004, 89 min)
Avec Tracey Ullman, Johnny Knoxville, Selma Blair, Chris Isaak, Patricia Hearst…
Synopsis : Dans un quartier résidentiel de Baltimore vit une bande de coincés, leurs existences mornes oscillant entre inhibitions et interdits. Mais une bombe nommé Ray Ray va faire exploser les règles de vie de ces braves gens. Cet infernal gourou, obsédé de première, est persuadé qu'il a une mission : libérer les pulsions les plus inavouables de ses congénères. Il suffit pour cela d'un petit coup accidentel sur la tête : par la volonté de la Providence et avec l'aide de Ray Ray, de surprenantes métamorphoses sexuelles s'opèrent. Une vague de libidos déchaînées déferle sur le quartier…
Critique : Après la vision de « Dirty Shame », se produit une curieuse transformation touchant à peu près tous les spectateurs du film, amusés et sonnés par tant d'outrance joviale : une fois dans la rue, chacun va mater en douce les fesses des autres grâce à un réflexe pavlovien conditionné pendant 90 minutes par le terrible docteur ès « bad taste » R. Waters. L'effet (pervers) dure à peu près une demi-heure et n'est compréhensible que par ceux qui auront vu le film ! Sorte de potion magique de l'obsession sexuelle, ce dernier opus du plus déjanté des cinéastes indépendants américains pourra transporter de joie les afficionados de « Pink Flamingos », « Cry Baby » ou « Pecker » et en énervera sans doute beaucoup d'autres. Pas grave. Comme nous le rappelle chacun des films de Waters, de véritables hymnes à la tolérance : il y a de la place pour tous en ce bas monde !
Cette fois la galerie de personnages est axée sur un thème unique : le sexe et ses manifestations les plus excentriques, exception faite toutefois des « pulsions cruelles ou dégradantes pour les femmes" comme le dit Waters. On voit donc passer des adeptes du cunnilingus, des seins volumineux, de la crasse, des hochets, de l'exhibitionnisme ainsi que les inoubliables « Bears » (à découvrir pour ceux qui ne connaîtraient pas !) qui rugissent de plaisir à foison. Tous ces joyeux drilles étaient des normaux (« neuters » en VO) avant que des coups accidentels ne libèrent leur libido sauvage et ne les révèlent à leur nouvelle sexualité hors norme.
Un gourou aux pouvoirs paranormaux les rassemble et leur donne la bonne parole : le messie Ray Ray incarné par Johnny Knoxville, ex-meneur déjanté de l'émission MTV « Jackass ». Un acteur cabotin est né et il sera dorénavant difficile de se passer de son sourire machiavélique. Le reste de la distribution est, bien entendu, éclatante : Tracey Ullman parfaite en nymphomane dévoyée, Selma Blair hypertrophiée, Chris Isaak en mari dépassé et même en passant la cultissime Patricia Hearst. Depuis toujours John Waters a un goût tordu mais très sûr pour ses castings. Un public averti en vaut deux. Méfiez-vous du grand méchant Waters : ses pâtisseries de celluloïd sont roses fluos, sucrées à mort, provocantes, inattendues et un peu grasses mais il pourrait bien vous rendre accro…
Delphine Valloire
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A Dirty Shame
Un film de John Waters
(USA, 2004, 89 min)
Avec Tracey Ullman, Johnny Knoxville, Selma Blair, Chris Isaak, Patricia Hearst…
Sortie le 8 juin 2005
Edité le : 07-06-05
Dernière mise à jour le : 09-06-05