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Cinéma muet

Une danseuse entretenue par un député de droite aime en secret un syndicaliste. Un film de Jacques Feyder censuré en 1929.

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Le muet du mois - Le Chevalier à la rose - 20/10/09

À propos du film

Le film Le Chevalier à la rose est un exemple précoce de l’exploitation multimédiatique d’un opéra populaire. Il semblait en outre être le garant du succès qu’en attendait la société de production autrichienne Pan-Film. Hugo von Hofmannsthal lui-même en avait eu l’idée mais son projet ne s’est pas réalisé. Le scénario finalement utilisé est signé Ludwig Nerz, de la Pan-Film, et Robert Wiene. La musique de l’opéra a été reprise, mais remaniée en une version instrumentale par Otto Singer et Carl Alwin, collaborateurs de longue date du compositeur Richard Strauss. Les voix sont supprimées mais en partie réécrites pour certains pupitres. L’opéra est raccourci, son action est parfois modifiée, des scènes supplémentaires sont tournées pour le film. Trois compositions plus anciennes de Strauss ainsi qu’une marche composée plus tard sont ajoutées.

Michael Bohnen
© ZDF
Michael Bohnen
Le film est tourné en 1925 sous la direction de Robert Wiene : un réalisateur apprécié, familier de tous les genres cinématographiques et surtout, qui dirige excellemment les grands acteurs de son époque, comme Conrad Veidt ou Fritz Kortner. Il a trouvé en Michael Bohnen un formidable interprète, considéré pendant de longues années comme l’incarnation idéale du rôle à l’opéra. Le tournage a lieu en extérieur à Vienne et dans les studios de Schönbrunn, accompagné au piano par Joseph Holzer, chef d’orchestre au Carl-Theater. Il est probable qu’à ce moment, la musique du film existe déjà, ou au moins certains passages, et que le répétiteur la joue : on est surpris, à plusieurs reprises, par l’étroite corrélation entre les prises de vue, la gestuelle de quelques-uns des acteurs, notamment de Michael Bohnen dans le rôle du baron Ochs, et la musique. Comme si les scènes avaient été chorégraphiées. Ce qui donne au film une fluidité incomparable, une écriture à la Lubitsch.

© ZDF
Le film est monté en toute hâte pour sortir le plus tôt possible ; malgré tout, la date de la première doit être repoussée – peut-être était-elle vraiment prématurée. À la dernière minute, il faut encore couper, raccourcir des épisodes, et du même coup la partition musicale est trop longue. Des photographies en témoignent : de nombreuses scènes ont été tournées et n’ont pas été conservées, et tout indique qu’elles manquaient déjà lors de la première projection à Dresde. Des séquences pour lesquelles une nouvelle version orchestrale de la musique avait été enregistrée ont été éliminées, de même que des scènes de foule, difficiles à mettre au point. Il y a 30 minutes de musique en trop. Dans les partitions d’orchestre qui nous sont parvenues, ces coupures ne sont pas notées : c’est l’une des grandes difficultés que pose aujourd’hui la projection du film - sans compter que la dernière bobine a disparu.

La restauration et la projection de la version restaurée
© ZDF
Deux copies seulement ont survécu à l’époque du muet : une pellicule nitrate retrouvée à Londres, avec des intertitres en anglais, et une autre retrouvée à Prague, en langue tchèque. Dans les deux cas, la dernière bobine manque.
Les deux copies destinées à l’exportation ont été utilisées pour la restauration réalisée dans les laboratoires du Filmarchiv Austria, dotées de nouveaux intertitres allemands (retraduits de l’anglais et du tchèque) et montées en une nouvelle version. Parallèlement, Bernd Thewes s’est occupé de l’adaptation musicale. Le choix des tempi a été guidé par un enregistrement historique sous la baguette de Richard Strauss, qui a également fourni une base temps pour la synchronisation de l’image et de la musique. Une corrélation qui a aussi fourni des indications sur la forme du film à l’origine, et sur les coupures opérées successivement, avant et après la première projection.
Une dernière difficulté restait à surmonter : reconstituer la fin du film, ne serait-ce que pour pouvoir exécuter la partition de Strauss dans son intégralité. Des photographies, des séquences filmées et des textes sont désormais intercalés – à cet effet, le calage des différents pupitres, qui a pu être reconstitué, a été très utile. Quatre-vingts ans après sa première projection, le Chevalier à la rose sortait à nouveau, dans la salle même où l’opéra et le film avaient été créés, au Semperoper de Dresde.
Le film présenté sur ARTE est une coproduction Filmarchiv Austria, Sächsischer Staatsoper Dresden et ZDF en collaboration avec ARTE.
Le chevalier à la rose
(Autriche, 1925, 110mn)
ARTE/ZDF
Réalisateur: Robert Wiene
Image: Hans Androschin, Hans Theyer, Ludwig Schaschek
Musique: Richard Strauß
Avec: Carmen Cartellieri, Elly Felicie Berger, Friedrich Feher, Huguette Duflos, Jaque Catelain, Karl Forest, Michael Bohnen, Paul Hartmann
Auteur: Hugo Von Hofmannsthal, Ludwig Nerz, Robert Wiene
Version restaurée (2006) :
Arrangement : Bernd Thewes
Orchestre : Staatskapelle Dresden
Chef d'orchestre : Frank Strobel
Diffusion : Lundi 26 octobre 2009 à 23h25

Edité le : 20-10-09
Dernière mise à jour le : 20-10-09