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| "Au hasard Balthazar" de Robert Bresson Film suédois, français, 1h 36min, 1966 Avec Anne Wiazemsky, Francois Lafarge, Philippe Asselin Commander le DVD | "Mouchette" de Robert Bresson Voir tout le casting... Film français, 1h 22min, 1967 Avec Nadine Nortier, Jean-Claude Guilbert, Jean Vimenet Commander le DVD |
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Loin de disparaître, la fascination pour les films de Robert Bresson est toujours présente dans les esprits et les cœurs des cinéastes et cinéphiles d’aujourd’hui et dépasse largement les frontières hexagonales jusqu’aux Etats-Unis par exemple où « Au Hasard Balthasar » et « Mouchette » sont considérés encore récemment, comme faisant partie du Top Ten des plus grands films de tous les temps. (Dans ce domaine par ailleurs, on vous conseillera chaleureusement la visite du site Internet américain « Master of cinema » (http://www.mastersofcinema.org/bresson/) qui donne une bonne idée de la passion qu’exerce toujours Robert Bresson.)En France dans les années 60, si Marguerite Duras a souvent exprimé son amour des films de Bresson, elle ne l’a jamais affirmé plus clairement qu’après la vision d’« Au Hasard Balthasar » en 1966 (une archive proposé en bonus du DVD) : « … Bresson a introduit la plus grande nouveauté que l’on pouvait, à cette époque, introduire dans le cinéma, à savoir la pensée. Et cette pensée n’était pas immédiatement apparente (…) Ce que les hommes seuls faisaient jusqu’ici, de la poésie, de la littérature, Bresson l’a fait avec le cinéma. On peut penser que jusqu’alors le cinéma était parasitaire, il procédait d’autres Arts et qu’avec Bresson on est entré avec lui dans le cinéma pur et d’un seul. « Au Hasard Balthazar », c’est peut-être le film que j’ai vu qui correspond le plus à une création solitaire donc à la création proprement dite ».
Duras résume en quelques phrases les perspectives artistiques prioritaires du cinéaste, Robert Bresson posant pour postulat une distinction fondamentale entre ce qu’il nommait d’un côté « le cinéma », un ensemble plutôt grossier visant la reproduction de quelque chose et de l’autre, « le cinématographe », un art véritable ayant son langage propre, un art totalement autonome fait du rapport d’images avec d’autres images, le tout corrélé avec le son et les sons eux-mêmes entre eux.
« Le cinématographe » captive ainsi Robert Bresson et il en élabore l’équation en plusieurs étapes avec soin: en premier lieu, l’écriture d’un scénario (et d’autant plus l’adaptation littéraire pour le cinéma), requiert les yeux du cinéaste, se doit d’être formulée dans un langage cinématographique propre. L’un des buts à atteindre est notamment d’éviter de retrouver au maximum la matière littéraire dans le film en tenant compte principalement de la part de l’image, en la soupesant afin d’en retirer à part égale, nombre de dialogues superfétatoires. Par extension la parole doit dire tout ce que l’image ne peut pas dire, d’où l’importance d’envisager les regards et les attitudes des personnages avant qu’elle n’intervienne, dans le seul but d’aller davantage au fond des choses.
Dans un deuxième temps le tournage est le moment de la captation filmée et celui de la recherche d’une « vérité » particulière provenant de comédiens vierges (par définition non professionnels), circonscrits par le scénario mais libre de leurs émotions. La dernière étape déterminante est enfin le montage, instant de création primordial où s’inventent le rythme et la transformation des images dans le rapport des images et des sons entre eux.
L’acte de montage est véritablement l’acte de création pure et solitaire à tel point qu’est devenu légendaire le comportement de Bresson sur ses tournages, décrit souvent comme désagréable, insensible, renfermé et se servant des comédiens comme de simples objets.
En parlant des films du cinéaste Bresson qu’il admirait profondément, Jean-Luc Godard donne aussi une idée de l’homme :
"Il est un grand inquisiteur, quelqu’un qui quelque soit le risque ou la violence va jusqu’au fond des hommes mais un inquisiteur moins dangereux que d’autres parce qu’il utilise le cinéma qu par définition, est humaniste."
Et rien ne témoigne davantage de cet alliage de cruauté et de douceur qui caractérise Bresson que ces deux films qui se suivent chronologiquement dans la filmographie du cinéaste, « Au Hasard Balthazar » et « Mouchette », deux chefs d’œuvres inaltérables.
Tous deux présentent les adolescents comme prototypes des héros « bressionien », des personnages jeunes et souples qui permettent d’évoquer naturellement le sens du mystère et des contrastes, une fois lancés dans une action dure et méchante.
Dans « Au Hasard Balthazar » Bresson étudie une figure emblématique d’humilité et de sainteté au travers d’un âne confrontée à l’orgueil, l’avarice, au besoin de faire souffrir. Il prolonge le même point de vue d’une autre façon avec « Mouchette » en portant son regard sur les tourments d’une jeune fille pauvre, malheureuse et maltraitée, qui perd peu à peu son innocence jusqu’à son sort fatal. Or aux travers de ces sujets dont la teneur est hautement évocatrice, Bresson manie son Art de la forme avec une justesse inégalée jusqu’ici, un cadre de rigueur s’épanouissant jusque dans l’émotion pure, dépassant les normes figuratives adoptées jusqu’alors au cinéma pour un acte de poésie sublime.
Olivier Bombarda
"Au hasard Balthazar"
BONUS DVD : Interview de Robert Bresson par roger Stéphane "un metteur en ordre : Robert Bresson" (extraits - 1966)
2005 / Zone 2 / N&b / Mono / 16/9 compatible 4/3 / Version originale française / Film : 92 mn. / DVD : 145 mn.
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"Mouchette"
BONUS DVD : Extrait d'une interview de Robert Bresson réalisée en 1965 sur le tournage de Mouchette
2005 / Zone 2 / N&b / Mono / 16/9 compatible 4/3 / Version originale française / Film : 78 mn. / DVD : 107 mn.
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