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Sortie du 26 juin 2002
MARIE-JO ET SES DEUX AMOURS
Réalisation : Robert Guédiguian
France 2001, 124 min.
avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan.
Cannes 2002 : Sélection Officielle – Compétition
Interviews
Jean-Pierre Darroussin, un des acteurs fétiches de Robert Guédiguian est l'un des interprètes principaux de Marie-Jo et ses deux amours.
Entretien : Haut débit / Bas débit
Gérard Meylan, l'acteur qui a joué dans les 11 films de Robert Guédiguian se confie à ARTE :
Haut débit / Bas débit
Interview - mai 2002 : Franck Garbarz - Image et montage : Jérémie Boucris
Synopsis
Marie-Jo (Ariane Ascaride) est heureuse : elle a deux hommes. Elle aime à la fois son mari Daniel (Jean-Pierre Darroussin) et son amant Marco (Gérard Meylan). Mais peu à peu, celui-ci prend une place de plus en plus importante dans sa vie, et le fragile équilibre de ce ménage à trois commence à battre de l'aile. Finalement, le bonheur de chacun s'envole…
Critique
Avec ce onzième film, Robert Guédiguian réussit enfin à faire son entrée dans la compétition au Festival de Cannes. Ce réalisateur né à Marseille y a une fois de plus tourné son film, dans le modeste quartier ouvrier de l'Estaque. Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan, qui tenaient déjà les rôles principaux dans son premier film DERNIER ÉTÉ en 1980, sont encore et toujours les acteurs de prédilection de Robert Guédiguian. Homme de fidélité, il reste attaché à Marseille et à ses comédiens-fétiches.
Dans le fond, Marie-Jo aussi est un être loyal, cela ne fait aucun doute. Elle aime son mari Daniel, mais elle aime aussi Marco. Dans un premier temps, elle réussit plutôt bien à garder secrète cette aventure amoureuse, et se sent comme une ado qui connaît ses premiers émois. Mais bientôt, elle souffre de devoir cacher son bonheur à Daniel, de ne pouvoir partager tout ce qu'elle ressent avec l'homme qu'elle aime (aussi). Quant à la culpabilité, ce n'est pas son truc. Après tout, que peut-il y avoir de mal à être heureux ?
Sans passer par les dialogues pour transcrire la détresse de Marie-Jo, Daniel et Marco, Robert Guédiguian parvient pourtant à rendre toutes les subtilités du drame psychologique qui se joue entre les trois protagonistes. C'est l'une des grandes forces du film, où finalement on parle assez peu. Robert Guédiguian et son trio savent trouver les regards, les gestes et les actes justes pour exprimer les tensions qui les animent. Le langage du corps important plus que les mots pour Robert Guédiguian, il montre souvent les corps nus de Marie-Jo, Daniel et Marco. Tous trois se sentent bien dans leur peau, cela ne paraît faire aucun doute. Quand Daniel apprend que Marco est l'amant de Marie-Jo, il hésite un instant, ne sachant trop comment approcher son épouse. Sans même le vouloir , il se fait brutal, estimant sans doute qu'il est en droit de prendre ce qui lui appartient, puisque Marie-Jo est sa femme. Mais face à la frayeur de celle-ci, il se radoucit très vite, l'approche avec délicatesse et douceur. Elle reprend alors confiance et revient vers lui. Les seuls moments où elle se sente encore heureuse sont ceux de l'acte sexuel, avoue-t-elle vers la fin du film. Ce qui au début était pour elle une fontaine de Jouvence se transforme en piège que Marie-Jo traduit par ces mots : « On est tellement fort d'aimer quelqu'un, mais on est tellement faible d'en aimer deux ».
Hélas, l'émergence de cet amour pour Marco demeure un mystère pour le spectateur, plus ou moins placé devant le fait accompli. Cela crée un certaine distance. Plus regrettable encore : la fin pathétique du film. Nul doute qu'il est difficile pour les amants de sortir de l'ornière dans laquelle ils se sont mis. Mais ce deus ex machina, cette fin miraculeuse est peu convaincante. Et la réaction moralisante de la fille, censée sans doute faire contraste avec le silence du père, devient crispante à la longue. Le film aurait gagné à s'en tenir aux trois grands protagonistes Marie-Jo, Daniel et Marco, et à ne pas trancher sur l'issue à donner à ce drame. Il n'existe tout simplement pas de solution pour certaines constellations relationnelles, et une fin tirée par les cheveux ne change rien à l'affaire.
Nana A.T. Rebhan
Extraits du film
Part 1
56k
220k
Part 2
56k
220k
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 26-06-02