(France, 2005, 1h35)
Avec Jean Rochefort, Edouard Baer, Nader Boussandel, Benoît Poelvoorde…
Synopsis : Nader (Nader Boussandel), un escroc à la petite semaine, est obligé de se rendre sur une petite île de la Méditerranée, afin d’y débusquer Chris Barnes (Jean Rochefort), un ex-roi de la Jet Set qui vit désormais au milieu de ses souvenirs. C’est vers cette même destination que se rend Daniel (Edouard Baer), un parisien ayant soudainement fui le domicile conjugal pour retrouver une jeune femme avec qui il a abondamment conversé sur Internet. Reconverti en complexe hôtelier, où les animations ringardes sont assurées par Barnes lui-même, l’île s’avère être un piège à touristes particulièrement miteux…
Critique : « Akoibon » est symptomatique de cette malédiction qui s’abat sur les comédies françaises, que leurs auteurs phagocytent en essayant de les porter au-delà du simple divertissement calibré, alors qu’ils tenaient justement un sujet modeste, mais tout à fait viable. Ou comment une ambition louable ou progressiste confine à l’ineptie, par manque de connaissance (ou dédain prétentieux) du genre comique. Edouard Baer a souvent su jouer de ce don pour l’improvisation, qu’il a rôdé pendant ses longues années passées en tant qu’animateur radio. Il l’a rendu perméable à son travail de comédien au cinéma, ou l’a développé au cours des pièces de théâtre qu’il a mises en scène. Ces qualités d’équilibristes ne parviennent pas à convaincre, lorsqu’il entend les mettre au profit d’une réalisation au cinéma. Son premier film, « La Bostella » (2000), s’embourbait de manière dramatique, victime d’un scénario invertébré qui ne pouvait se plier aux règles, forcément rigoureuses, du film comique. Plus ambitieux, porté par une vaste galerie de personnages qui vont jusqu’à se dédoubler à la « faveur » d’une mise en abyme particulièrement mal négociée en milieu de parcours (d’autant qu’elle découle justement de cette tendance kamikaze à l’improvisation), « Akoibon » multiplie par dix ces mêmes défauts, aucunement justifiés par le caractère nihiliste du titre. Ce faisant, l’originalité corrosive du sujet (que deviennent les fêtards de la Jet Set, quand l’heure fatidique du tombé de rideau a sonné ?) est écartée au profit d’une apologie de l’absurdité qui n’évoque qu’un sentiment désolé, dont la gêne s’avère persistante. Edouard Baer n’a pas de vraies dispositions à l’anarchie et devrait poursuivre une carrière de comédien plutôt bien menée, au lieu de s’acharner sur de biens chimériques projets de cinéaste, où aucun des acteurs qu’il emploie ne semble s’épanouir, d’un Jean Rochefort se protégeant derrière un profil tragi-comique consolidé des années auparavant chez Patrice Leconte (« Tandem ») à Benoît Poelvoorde, qui, faute de mieux, en reste aux recettes éprouvées depuis « Les Randonneurs ». Julien Welter
--------
Akoibon
D’Edouard Baer
(France, 2005, 1h35)
Avec Jean Rochefort, Edouard Baer, Nader Boussandel, Benoît Poelvoorde…
Sortie du 13 avril 2005






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter