Extrait 1 du concert d'Alaska in Winter
Extrait 2 du concert d'Alaska in WinterUn reportage d'Anna Britz
L'histoire d'Alaska in Winter, c'est celle de Brandon Bethancourt, 26 ans et avide d'ailleurs. Originaire d'Albuquerque au Nouveau Mexique, il a passé plusieurs mois en Alaska avant de s'envoler pour 5 semaines en Europe de l'Est ("à la recherche de LA dance party"), a découvert Paris il y a 8 ans ("avant l'euro"), écoute aussi bien Antony & the Johnsons que Daft Punk, M83, Royksöpp ou Kitka (chant traditionnel des pays de l’Est), baragouine le russe et s'apprête à s'installer 6 mois à Berlin Est. De dandy romantique qui distribue des roses rouges en chapka et costume blanc sur scène, il se transforme en créature des années 80 à la ville, avec toute la panoplie : bandana, jeans délavé et baskets montantes comprises.
Et sa musique dans tout ça ? A l’image de ce patchwork d'influences, inclassable. Ni électro, ni pop, ni indie, ni lyrique, mais un peu tout à la fois. De son exil en Alaska il y a 4 ans, il ramène quelques mélodies osseuses, éthérées, glaçantes. Au soleil américain et avec la complicité de quelques camarades musiciens (Zach Condon de Beirut sur Close Your Eyes, et Heather Trost de A Hawk and A Hawcksaw), elles s'étoffent, se nourrissent et s'enrobent de trompettes, de violons.
Le résultat donc : Dance party in the balkans, qui évoque plus un voyage initiatique à travers des paysages isolés qu'une farandole hystérique en contrées slaves. Un disque d'hiver qui enveloppe, qui accompagne. La bande son idéale pour une balade contemplative sous la neige (Balkan Lowrider Anthem) Rythmiques étouffantes, vocoder (effet sonore qui donne un aspect robotique à la voix), et piano mélancolique, lancinant, ponctuent et distinguent les 13 plages de l'album.
Adapter ces sonorités en live, une gageure dont Brandon Bethancourt s'est extirpé avec une jolie pirouette. « Compte tenu des musiciens présents sur mon disque et de ma musique, c'était plutôt irréalisable de réunir un groupe pour une tournée. J’ai donc essayé de trouver un moyen de pouvoir jouer seul ma musique. » De ses études en arts visuels, il garde un goût particulier pour l'image et la vidéo, et s’en sert pour s’accompagner sur scène. Son « backing band » comme il l’appelle, consiste en un montage de vidéos projeté derrière lui et le montrant entrain de jouer les différentes parties musicales, tantôt au synthé, tantôt au violon, tantôt au ukulélé en carton, voire même maquillé en femme quand une voix féminine chante. Au fur et à mesure des vidéos, les looks différents défilent également, un « strip-tease » que Brandon effectue simultanément sur scène. Si l'idée est venue un peu par hasard, la réalisation elle, a pris plus de temps : « J’ai filmé mes premières vidéos l’été dernier, pendant 2 mois, avant ma tournée avec Beirut. Et en automne, j’ai tourné 4 vidéos supplémentaires pour pouvoir donner des concerts plus longs. » Un exercice de style particulièrement bien synchronisé, mais qui peut devenir contraignant « ça ne laisse effectivement pas beaucoup de place à l'improvisation, tout est très calculé en amont, mais du coup je peux jouer avec les paroles et je les modifie de temps en temps ».
Boulimique de musique, il enregistre constamment, et certaines compositions se retrouvent dans des projets parallèles, par exemple le très eighties « Rap » avec son acolyte Hari Ziznewski.
En attendant un second album en préparation dont la forme n’est pas encore totalement définie, Alaska in Winter sera de retour à Paris en octobre.
Anna Britz
L'album
"Dance Party in The Balkans"sorti chez Regular Beat
Liens>> Alaska in Winter sur MySpace
>> Alaska in Winter sur YouTube






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