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Berlinale 2007 - Compétition et film de Clôture-Berlinale 2007 - 16/09/08

Angel

Un film de François Ozon


Succès, gloire et amour : « Angel » est une superproduction flamboyante et réflexive de François Ozon.

(France, UK, Belgique 2007, 2h15)
de François Ozon
Avec Romola Garai , Sam Neil, Michael Fassbender, Lucy Russel


  • Synopsis
Angleterre, 1905. Angel Deverell, jeune écrivain prodige, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n'est-ce pas trop pour une seule femme ?

Interview avec François Ozon


  • Critique

Ambitieux et grandiose, adapté d’un roman éponyme d’Elisabeth Talylor, « Angel » est le premier film historique entièrement tourné en anglais de François Ozon. Sur un mode enthousiaste, volontaire dans l’emphase de couleurs, de décors et de costumes, désireux de rendre un hommage vibrant (et cinéphiliques) aux grands films hollywoodiens en technicolor des années 40-50, Ozon s’empare avec humour et distance du mélodrame. Au centre l’actrice britannique, Romola Garai, aperçue dans « Scoop » de Woody Allen, incarne le rôle titre d’une jeune écrivaine exubérante s’extirpant de sa condition moyenne et qui devient célèbre dans l’Angleterre du début du XXème siècle. Sorte de Scarlett O’Hara transposée en artiste frénétique de l’écriture, Angel est un personnage imposant, prétentieux, opiniâtre, en vérité insupportable mais toujours passionné, une boule d’énergie en marche qui use de son pouvoir à tout régenter, qu’il s’agisse de la décoration dans son manoir (le « Paradise » !) ou plus anormalement des moindres gestes de son mari. Dans un rapport « d’amour – haine » pour ce personnage ambigu et dans l’idée néanmoins de le rendre aimable à l’écran, Ozon pose des questions plus vastes quant à l’acte artistique et sa réception. Comme un miroir de préoccupations intimes (et sans préjuger pour autant qu’Ozon perçoive en Angel ce que Flaubert voyait en Madame Bovary), le réalisateur énonce des réflexions sur l’impact d’une créatrice livrée comme lui à un succès populaire rapide, de même qu'en filigrane, il évoque une angoisse sincère liée à la persistance de l’Art dans le temps : que restera-t-il d’Angel, que restera-t-il d’Ozon ?

Ce dernier ne renonce pas en parallèle à conjuguer l’un des thèmes récurrents de son cinéma, l’amour saphique cette fois, par le portrait de Nora (Lucy Russel) en s’affranchissant beaucoup du roman d’Elisabeth Taylor qui décrivait la jeune femme laide et peu intéressante. Si le réalisateur confère effectivement à Nora des sentiments de dévotion exacerbée à l’égard d’Angel, ceux-ci sont à l’origine d’un amour progressif et authentique, en réalité le seul véritable auquel peut se fier Angel face à un monde de dupes.

C’est dans le sens de ces doubles lectures que le spectateur pourra ainsi pleinement savourer « Angel », un film teinté de nostalgie pour le « grand » spectacle flamboyant, complété par le dynamisme moqueur et réflexif d’un réalisateur ayant aujourd’hui le luxe de vivre et de faire partager pleinement, ses désirs de cinéma « total ».

Olivier Bombarda


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  • Biographie François Ozon

Né à Paris le 15-11-1967. Après avoir terminé ses études de cinéma à la Sorbonne, il apprend la mise en scène à la FEMIS (Paris) de 1990 à 1993. Après plusieurs courts métrages, il se fait remarquer avec SITCOM (1998), une farce de famille. En compétition à la Berlinale 2000 avec l’adaptation de Fassbinder GOUTTES D’EAU SUR PIERRES BRULANTES et en 2002 avec 8 FEMMES. SOUS LE SABLE et SWIMMING POOL, deux films avec Charlotte Rampling, eurent aussi du succès en salles.

Edité le : 05-02-07
Dernière mise à jour le : 16-09-08