Tracks
Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.
Tracks
Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.
Diffusion le vendredi 06 juin à 19h00
Rédaction: ZDF, Kobalt
Arab Cinemas
Le Liban, l'Egypte et la Palestine. Trois pays qui ne sont pas connus pour leur production cinématographique. Et c'est dommage. Dans ce numéro "spécial Moyen-Orient", Tracks vous présente trois réalisateurs qui transposent leurs particularités culturelles sur le grand écran. Akram Zaatari, Mai Masri et Oussama Mohammad
* Akram Zaatari - " The Red Chewing Gum"
Il y a quelques années, Akram Zaatari a participé à Beyrouth à la création de la "Fondation Arabe pour l'image". Il puise aujourd'hui dans cet immense patrimoine photographique à partir duquel il réalise des montages filmés sur fond musical. Il pose ainsi un regard décalé sur les différences de conception de la sexualité entre l'Occident et l'Orient. Les photos d'hier, vues avec nos yeux d'aujourd'hui, semblent ironiques et sujettes à controverse.
Akram Zaatari
Quand l'opinion publique est confrontée à une œuvre qui parle de sexualité, toutes les normes morales et les interdits religieux entrent en jeu. Toutes nos lois concernant la sexualité ont été rédigées par les Français ou les Anglais. C'est parce que les Français et les Anglais étaient très conservateurs dans les années 20 et 30 que nous souffrons aujourd'hui.
* Mai Masri - "Children of Shatila"
Mai Masri est palestinienne de père et américaine par sa mère. Sa crise d'identité permanente, elle l'exprime à travers ses films documentaires qui, tous, comportent la guerre en toile de fond. De petites histoires d'amour et de vie, au milieu d'un univers de désespoir et de dévastation.
Mai Masri
Ce film raconte l'histoire d'une amitié entre ces deux filles, une amitié qui se développe d'abord sur Internet avant qu'elles ne fasse connaissance. Elles finissent par se rencontrer parce qu'après le retrait de l'armée israélienne du Sud Liban, les Palestiniens pouvaient se retrouver à la frontière. Comme ces deux filles, bien d'autres gens se sont revus pour la première fois, souvent après cinquante ans de séparation.
* Oussama Mohammad - "Sacrifices"
Le Syrien Oussama Mohammad travaille sur les stéréotypes qu'il nous présente agrémentés de clins d'œil. Cet ancien combattant, qui a définitivement renoncé à la violence, tente désormais de décrire les problèmes sociaux et politiques de façon subtile et artistique.
"Etoiles du jour", sa première œuvre, a été interdite de représentation dans son pays. Mais Oussama ne se place pas en martyr pour autant.
Oussama Mohamad
C'est le pays qui inspire ma culture, ma sensibilité, pas seulement d'un point de vue intellectuel. En art, les sens jouent un rôle déterminant.
Je ne reconnais pas de frontière entre l'Ouest et l'Est, entre l'Ouest et mon pays. Quand on est peintre, poète, réalisateur de documentaire ou de fiction, on fait partie du même univers. L'art est bien plus important que la politique !
Le problème majeur du cinéma arabe est le manque de moyens pour stimuler l'expression d'aptitudes artistiques pourtant bien réelles. Dans le collimateur de la censure, privés de subventions et d'espaces de diffusion dignes de ce nom, les cinéastes autonomes éprouvent les pires difficultés à réaliser leurs projets. Le mérite d'Oussama Mohammad, d'Akram Zaatari et de Mai Masri de suivre malgré tout leur petit bonhomme de chemin n'en est que plus grand. Et on leur dit bravo.
Edité le : 27-05-04
Dernière mise à jour le : 03-06-03