
Un film de Billy Wilder
(États-Unis , 1957, 2h10)
avec Gary Cooper, Audrey Hepburn et Maurice Chevalier
Un DVD Carlotta Films

Critique : A l’instar de certains grands cinéastes des années 40, Billy Wilder bénéficiait d’une indépendance propre à perpétuer le mythe de l’artiste complet et omniscient à l’intérieur du système Hollywoodien. Pur auteur, il est mû à la fin des années 50 par le désir de replonger dans l’atmosphère de sa jeunesse et d’évoquer le souvenir de Paris qu’il découvre en fuyant le nazisme de son Allemagne natale. De la capitale française, le cinéaste garde une image de libertinage amoureux (« une ville où tous le monde s’embrasse ») et se souvient surtout d’avoir vu un film de Paul Czinner dont les propos sulfureux l’avait profondément marqués : il s’agissait d’« Ariane » (1931), une œuvre adaptée d’un roman de Claude Anet racontant l’amour d’une fille vierge (Ariane) pour un tombeur d’âge mûr (Flannagan). Conforté par la thématique sexuelle du scénario (une obsession qui irrigue la filmographie de Wilder), il décide ainsi de réaliser son propre remake avec Gary Cooper et Audrey Hepburn en 1957, époque où la libéralisation des mœurs n’était pas de mise aux Etats-Unis et ce, contrairement aux années 70 où Wilder aboutira « Avanti !» (1973), une sorte de déclinaison des intentions même d’« Ariane ».
En ce sens, et en dehors d’un romantisme jamais désuet, « Ariane » vaut beaucoup pour les détournements systématiques et la fausse contrition dont fait preuve le cinéaste à traiter d’un tabou sexuel, une situation qu’il décrit avec un style inimitable mais immédiatement mis à l’index par la puritaine Amérique et le fameux code Hays d’alors: le film sera épinglé et classé catégorie C à sa sortie.
Dans ce carcan si serré, Billy Wilder donne pourtant une leçon de mise en scène hors du commun, roi de l’esquive et de la suggestion, proche de l’esprit de son maître Ernst Lubitsch, établissant une complicité délicieuse entre le spectateur et le réalisateur dans le dessein de rire des personnages, innocents pantins manipulés. Les propos allusifs et les simulacres d’Audrey Hepburn qui rendent fou de jalousie Cary Cooper donnent lieu au meilleur des dialogues de Wilder. Quant à la cuite magistrale de Flannagan qui s’en suit, elle est l’une des séquences les plus drôle de sa carrière, au même titre qu’elle est allégorique de la sensibilité de cet artiste génial, amusé en permanence à relever les imperfections du monde avec une acuité en tous points unique et non conformiste.
- Les compléments du DVD Edition Collector :
Nouveau Master Restauré, inclus VF + VOSTF
- Ariane, rapports de tournage (26 min.)
Visite à la Cinémathèque Française et à la Bibliothèque du Film où furent restaurés et rassemblés de très précieux documents (archives de scripte, photos, croquis…) autour du film Ariane.
- Au film d’Ariane par N.T. Binh (26 min.)
une analyse en détail du film par N.T. Binh au coeur des archives de la Cinémathèque Française.
- La magnifique complicité - Rencontre avec Hubert De Givenchy (9 min.)
Le célèbre couturier évoque en détail sa très grande amitié avec Audrey Hepburn, qui fut son égérie, et revient sur leur longue et riche collaboration.
- Un portfolio de 32 pages (photos exclusives)
- la Bande-annonce d’époque






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