08/08/06
Atelier d'écriture
Les dix règles pour écrire un bon polar selon Carlo Lucarelli
Cet auteur de polars italien est professeur d'écriture créative à l'académie « Holden » de Turin mais aussi à la prison de Padoue.
1) Partir d’un "mystère mystérieux", c’est-à-dire intriguant, inquiétant, un de ces mystères qui ne laisse aucun répit et dont on ne sait comment il va finir.
2) Distiller les informations au lecteur avec parcimonie. Ne pas tout raconter d’emblée. Maintenir le suspens.
3) Conduire le lecteur vers une première solution du mystère, puis par un coup de théâtre, ouvrir la porte d’un second mystère.
4) Créer un bon personnage principal.
5) Créer un bon personnage qui épaissit le mystère, qui le complique.
6) Situer l’intrigue dans un environnement connu et crédible.
7) Maintenir un rythme d’écriture trépidant.
8) Construire une machine narrative, une histoire pour raconter quelque chose que l’on estime important (ce que l’on appelait jadis le “message”).
9) Ecrire dans le meilleur style. Choisir le vocabulaire le plus soigné.
10) Oublier toutes ces règles.
Si Carlo Lucarelli vous a donné l’envie d’écrire des romans noirs, voici un ouvrage pour vous éviter l’angoisse de la page blanche. « Polar : mode d’emploi » de Stéphane Bourgoin chez Encrages explique tout sur le point de vue narratif, le style ou le choix des personnages avec les conseils d’experts tels que Frederic Brown ou John Dickson Carr.
Et si vous voulez en savoir plus, voici quelques astuces de la star du polar Elisabeth George :
“ J’essaie de construire chaque roman comme une tapisserie, dans laquelle l’analyse de caractères et l’étude du système social s’entremêlent – un roman qui tienne compte de l’environnement. Et puis, il faut une intrigue, aussi, et pour ça, j’ai besoin d’un lieu riche, dense, tel que l’Angleterre – Londres et sa banlieue, par exemple. Si j’ai choisi Londres, c’est parce que je trouve cette ville pleine d’atmosphère. Elle m’évoque des choses qui ne me viendraient pas à l’esprit en Amérique – surtout dans le sud de la Californie ........
Parfois, je commence par faire une esquisse de l’histoire, et c’est après seulement que je vais chercher le lieu adéquat. Une fois que j’ai trouvé l’intrigue, l'assassin, la victime et le mobile, par exemple, je pars chercher un cadre pour mon histoire ; ce cadre va m’apporter de nouveaux éléments pour étoffer mon intrigue. Mais ce sont toujours des endroits que l’on peut retrouver, parce qu’ils existent réellement. Il m’arrive de changer les noms, mais c’est très facile de les reconnaître quand on y est déjà allé ........
J’étudie la psychologie humaine dans un contexte de crise familiale ; pour faire un bon roman policier, la situation doit être explosive, donc le plus intime possible. Si vous plongez un couple dans une situation de crise, vous allez réveiller chez eux des comportements pathologiques très profonds. C’est cela qui m’intéresse : étudier l’individu dans des situations de stress, et la façon dont certains éléments pathologiques remontent à la surface ”.
(Elizabeth George : extrait du documentaire : "Un job sanglant. Le polar, l'auteur et son privé - Elizabeth George et Linley / Havers")
Edité le : 28-07-06
Dernière mise à jour le : 08-08-06