Il nous a montré la vie sous de multiples facettes, témoignant toujours d’une profonde empathie et d’une compréhension pour ses personnages en mal d’amour. Les regards étaient aussi sa marque de fabrique : des regards interrogateurs, complices ou encore emplis de désir comme dans « Ma nuit chez Maud », son premier grand succès en 1969.
Les héros rohmériens sont en quête de sentiments exaltés dans un quotidien qui reste souvent banal et peu spectaculaire. Dans « Le genou de Claire » tourné en 1970 pour le cycle « Six contes moraux », c’est une fois encore un homme incapable de se décider entre deux femmes qui sera l’élément déclencheur d’une histoire mélancolique. Pourtant, Rohmer n’a jamais porté de jugement moral sur les amoureux indécis.
Eric Rohmer utilisait peu de coulisses, il préférait camper la vraie vie. Il faisait appel à des personnages réels, à des acteurs qui jouaient avec un grand naturel, comme s’ils avaient été Monsieur Tout-le-Monde. En amour – et dans les films de Rohmer, il est en fait toujours question d’amour – les personnages sont en butte à des désillusions, à des désirs jamais exaucés, comme dans « Conte d’été » (1996) où l’indécis Gaspard ne va pas plus loin que quelques baisers hésitants.
Les films de Rohmer se caractérisent la plupart du temps par de longs dialogues qui, parfois, peuvent être aussi pesants que fascinants. « Conte d’automne » (1998) qui appartient à son cycle « Contes des quatre saisons » n’est finalement qu’une interminable discussion au sein d’un couple. « Rohmer ou les différentes déclinaisons de la quête du bonheur », c’est ainsi qu’un critique de cinéma décrivait le travail du réalisateur qui, jusqu’à un âge avancé, aura gardé une légèreté d’esprit, une ouverture sur le monde et une curiosité intactes.
En 2007, Eric Rohmer a été récompensé à Venise d’un Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre. Nous le regretterons énormément, mais la vision de la vie qu’il a développée dans ses films restera un réconfort pour l’âme.
- Pour en savoir plus sur Eric Rohmer, consultez notre Dossier Eric Rohmer
- ARTE Journal : l'hommage de la jeune réalisatrice Axelle Ropert







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