
Film réalisé par Alain Jaubert
(France, 1984, 42 minutes, couleur et Noir & Blanc)
Un DVD Editions Montparnasse
Le site du DVD
- Le film
Synopsis : Un photographe SS a pris 189 photographies de juifs déportés en Hongrie à Auschwitz-Birkeneau. Il s’agit des seuls clichés connus du fonctionnement d’un camp d’extermination nazis montrant l’arrivée et la sélection des déportés. Découvert par hasard le 11 avril 1945 par Lily Jacob, une jeune hongroise rescapée des camps, l’album des photographies présente les visages de toute sa famille exterminée. Trente cinq ans plus tard, c’est Serge Klarsfeld qui, alors qu’il enquêtait sur l’origine de photographies d’Auschwitz, retrouve la trace de Lily Jacob et la convaint de déposer les documents au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem. Alain Jaubert filme ces photographies auxquelles répondent dans la confrontation en voix-off les témoignages de quatre déportées rescapées.
Critique : Dans le cadre de la commémoration du 60ème anniversaire de la libération des camps de concentration, les éditions Montparnasse ont eut la bonne initiative de faire entrer dans la postérité, grâce au DVD, l’un des rares films traitant de la réalité abrupte des camps de concentration. Si le film d’Alain Jaubert est aussi précieux, c’est bien entendu par la nature même des documents présentés, deux sources rares, d’une part les témoignages de femmes rescapées de l’horreur et d’autre part, ces témoins inédits de l’Histoire, des photographies réchappées du néant elles aussi. Dans le parti pris radical de la juxtaposition des photographies toujours présentes à l’image et des voix qui témoignent sans que les visages n’apparaissent, une dimension supplémentaire naît. La photographie, par nature sans mouvements, relève pleinement de la conscience des limites de la mémoire et permet aussi « l’imagination de l’impensable » par le hors champ. De même, en parallèle, les témoignages sonores procèdent d’hésitations naturelles, d’inflexions face à la difficulté de dire ou de se souvenir et provoquent le ressenti. Ainsi la photographie « parle-t-elle», le regard s’interrogeant obligatoirement sur la pose liée à l’instant unique tout en véhiculant immanquablement l’idée de l’ effroyable « instant d‘après » . Que cache ce visage immuable en noir et blanc ou cette épaule sur laquelle Alain Jaubert entame un zoom qui se prolonge comme pour scruter la moindre parcelle de réponse? A côté, les souffles, les cassements de voix, les sanglots réprimés racontent ce que nous savons ou devons savoir, sans nous permettre de l’envisager véritablement du fait d’une distanciation qui nous rappelle sans cesse, que nous, nous n’avons pas vécu l’horreur.Dans les années 80, lorsqu’ Alain Jaubert réalise ce film, il décide aussi de contrer à sa manière les thèses négationnistes qui s’amplifient. En formulant ainsi une « non-réponse » à ceux qui nient, il dit que le souvenir n’est jamais pur, ni mathématique. Allant encore plus loin par moments et de manière presque paradoxale, la succession des photographies des visages anonymes tout comme le tassement des voix, convient le spectateur à une sérénité inespérée, au surgissement chez lui d’un désir proprement enfantin du fait de la fascination naturelle de l’homme pour l’image. Pas son dispositif, Jaubert nous porte ainsi jusqu’aux cimes de sensations primitives universelles qui sont dès lors, assurément mémorables, puisqu’elles relèvent directement des crimes les plus abominables de l’ histoire du XXème siècle.
Olivier Bombarda
- Les Bonus
« Les camps de concentration nazis » (58 min.)
Il s’agit du film tourné lors de la libération des camps (1945) et utilisé comme preuve au procès des dirigeants nazis à Nuremberg. Il fut projeté dans toute l’Allemagne d’après-guerre pour dénoncer les crimes du régime d’Hitler. Les images terribles de ce film sont à déconseiller aux plus jeunes.
« Auschwitz, faits et chiffres » (30 min.)
Un entretien d' Annette Wierviorka, directrice au CNRS et Historienne.
Sur les camps d’Auschwitz, Annette Wierviorka explique que les historiens disposent de beaucoup d’archives et de témoins. Auschwitz est le plus grand cimetière du monde sur une aussi petite surface. Il illustre toute la gamme de la criminalité nazie. Auschwitz lors de la phase avancée de la solution finale extermina en quelques semaines plus de 400.000 personnes.
Entretien avec Alain Jaubert (24 min.)
Alain Jaubert raconte la genèse de son film.
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Auschwitz L’album la mémoire
Film réalisé par Alain Jaubert
1984, 42 minutes, couleur et Noir & Blanc
Zone 2, Pal, DVD 9, 4/3, son digital dolby et mono, 143 min.
Un DVD Editions Montparnasse
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- La Bibliothèque nationale de France organise
un cycle "Filmer Auschwitz / Filmer à Auschwitz".
Un cycle de films du 14 au 20 janvier 2005 sous l'égide de la Fondation de la Mémoire de la Shoah.
Le film d'Alain Jaubert "AUSCHWITZ l'album la mémoire" est programmé le 20 janvier à 19 heures en présence du réalisateur.
L'entrée est libre, accessible à tous et ce pour tous les films du programme (Site François Mitterrand- Hall Est, quai François Mauriac 75 013 Paris).






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