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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 24 décembre 2009 - 29/12/08

Australia

Un film de Baz Luhrmann


( note Arte: 3 ) Pour ceux qui aiment les baisers en Technicolor, sur fond de guerre et de coucher de soleil… Fresque épique luxueuse, Australia souffre d’un mal de « genre » et d’une actrice trop glacée tout en étant soigné par la présence miraculeuse de deux magnifiques acteurs aborigènes : le jeune David Wenham et le magnétique David Gulpilil.

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(Australia/USA, 2008, 155mn)
Avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, Brandon Walters, David Wenham, David Gulpilil….

Synopsis : Lady Sarah Ashley, une aristocrate anglaise hautaine et renfermée arrive au coeur des paysages sauvages du Nord de l’Australie pour y rejoindre son mari qu’elle soupçonne d’adultère, dans son immense domaine « Faraway Downs ». Elle ne tarde pas à découvrir que l’exploitation est au bord de la ruine. Son mari disparu, pour sauver sa terre et un orphelin aborigène à qui elle s’attache, Sarah n’a pas d’autre choix que de s’allier à un « cow-boy » local, un rustre bagarreur connu sous le nom de « Drover ». Elle va parcourir avec lui des milliers de kilomètres afin de mener jusqu’à Darwin un bon millier de têtes de bétail.

Critique : En sortilège puissant, Australia commence par des images sublimes de marécages et de meurtre, des scènes d’ouverture où Nullah, un petit métis qui ne trouve sa place nulle part, voit sans voir le drame. Brandon Walters, acteur aborigène de onze ans est la véritable révélation du film avec son regard profond et sa voix chantante utilisée en voice over au début du film, comme celle de Linda Manz dans le « Badlands » de Terrence Malick. King George, son grand-père magicien est, lui, interprété par une légende du cinéma australien : David Gulpilil, rôle principal dans le vénéneux « Walkabout » de Nicolas Roeg (1969). C’est d’ailleurs quand le film traite du problème de ces enfants métis envoyés de force dans des institutions d’état, les fameuses « générations volées », qu’il est le meilleur.

L’illusion flamboyante dure jusqu’à l'arrivée de Nicole Kidman, dix minutes après le début du film. L’humour en accéléré, mode hystérique, que Baz Lurhmann avait d'abord testé sur le personnage joué par Diane Venora dans « Roméo + Juliette » ne fonctionne pas très bien avec la « reine des glaces ». La comédie est toujours une question de timing, une mécanique subtile. Le réalisateur tente de jouer sur le ridicule, le côté déplacé de cette lady anglaise expatriée mais les blagues tombent à l’eau. Plus généralement, c’est tout le jeu Kidman qui trouve ses limites : parfaite dans le drame, elle est gelée dans le reste. La star est de plus en plus plombée par une aura antipathique mais, après tout, c’est aussi ce qu’on disait de la grande Katherine Hepburn, poison du box office en 1940… À noter : chaque génération a les stars qu’elle mérite.

Impeccable, Hugh Jackman, lui, se trouve exactement là où il devrait être : en cow-boy australien rugueux à la Eastwood, le Drover. Lurhmann brode une fois de plus sur ce fameux choc homme / femme, la princesse et le vagabond, la peste et le taciturne, c’est-à-dire sur des codes cinématographiques de comédie romantique établis depuis un demi-siècle ( de « New York, Miami » de Capra à « Autant en emporte le vent », référence revendiquée ici). Tout le monde, des acteurs au réalisateur, décrit le film comme « un rêve », mais ce rêve a, malgré tout, des allures de quasi-cauchemar : une fresque épique luxueuse, où l’argent luit sur le cirage de la moindre botte, dans la moindre explosion numérique mais dont le montage semble avoir été réalisé à la hâte, presque bâclé.

Malgré tout, le film ne ment pas sur la marchandise. La direction artistique magnifique de Catherine Martin, l’épouse de Baz Lurhmann vaut à elle seule le détour : des costumes sur-mesure en soie, des chevauchées dans la poussière, des baisers sous un baobab sur fond de coucher de soleil, une star avec des larmes aux yeux, en fuite éperdue pendant un bombardement… Rien n’y manque.

Pourtant, plus que d’une ressemblance avec une publicité Burberry’s, le film souffre sous son cinémascope d’un mal qui le plombe : une infection de « genre ». En effet, dans son « Moulin rouge », Lurhmann stylisait à outrance mais il réinventait aussi son fantasme de l’éternel Paris de Toulouse-Lautrec, pas encore bien mis en image par Hollywood. Dans « Ballroom Dancing », il faisait découvrir la danse sportive australienne façon telenovela survoltée en Technicolor. Du jamais vu. Dans « Roméo + Juliette », il revisitait avec bonheur Shakespeare façon MTV au Mexique. Ici, le cinéaste a l’air coincé. Coincé par son admiration et par toutes les références existantes d’un genre déjà trop exploré. Lurhmann a mis son pas dans les pas de ses pères spirituels et se retrouve du coup dans une impasse esthétique où sa liberté a presque disparu. « Out of Africa », "Mogambo", « African Queen », «Autant en emporte le vent » ou les fresques de David Lean sont autant de barreaux à la cage qu’il s’est forgé. Une belle cage dorée.

Delphine Valloire
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Australia
Un film de Baz Luhrmann
(Australia/USA, 2008, 155mn)
Avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, Brandon Walters, David Wenham, David Gulpilil….

Edité le : 10-12-08
Dernière mise à jour le : 29-12-08