Depuis le temps de ma rencontre, enfant de la guerre, avec Françoise Dolto, je trouvais assez étrange ce que nombre d’analystes faisaient de ce qu’elle disait, davantage encore avec la mort de Lacan, et bien plus après sa mort à elle.
Françoise Dolto disait toujours la vérité, sa vérité subjective. Pas de double langage, pas de sophismes, pas de litotes.
J’ai décrypté mot à mot cet entretien que m’avait confié Jean-Jacques Moscovitz en 1988, puis je l’ai mis en texte avec à l’oreille la voix, le style, les temps de silence, de scansions, de l’un et de l’autre.
Psi-le Temps du Non n’a pu matériellement, financièrement, le publier une première fois qu’en 1995. Sept ans au cours desquels, chez nombre d’analystes, des passions flambèrent, jetées sans égard dans les médias, attisées, féroces, assassines.
Françoise Dolto disait toujours la vérité, sa vérité subjective. Pas de double langage, pas de sophismes, pas de litotes.
N’importe qui pouvait faire dire n’importe quoi, n’importe comment, à n’importe qui. Beaucoup qui, à la suite de leurs enseignants, avaient manifesté une certaine condescendance envers Françoise Dolto, commencèrent à se réclamer d’elle après la mort de Lacan, en 1981, davantage encore après sa mort à elle, en 1988, établissant ainsi, sans gêne aucune, une mythique sinon mystique appariade conceptuelle, Dolto / Lacan, dont chaque analyste serait œdipiennement le ou la légataire. Or, aucun mixage théorique, aucune “adaptation” pratique, aucun mariage de leur pensée respective, ne sont concevables.
Le titre de cet entretien « La psychanalyse nous enseigne... «, est la première réplique de Françoise Dolto à la question de Moscovitz, «Comment un psychanalyste se situe-t-il par rapport à « Shoah » ?”
J’ajouterai, comment un/e psychanalyste se situe-t-il dans le monde des humains, dans l’histoire de la pensée, dans son temps ?
Moscovitz, de sa place, y a répondu - et Françoise Dolto ne l’aurait pas contredit - quand, récemment, il s’est agi de l’enfant. Ce fut à l’occasion, en 1999, de la sortie d’un film navrant, s’étayant de la Shoah pour montrer que la vie est belle, qui décrocha internationalement une kyrielle de prix.
Moscovitz écrivait à propos du film « La vie est belle » de R.Benigni, dans le journal « Libération», qu’il n’est pas besoin de s’appuyer sur la Shoah, sur le projet d’anéantissement des Juifs, pour raconter ni pour montrer l’amour d’un père pour son fils.
En 1999, la psychanalyse nous enseignait-elle toujours “qu’il y a ni bien ni mal pour l’inconscient” ?
Lors de sa première publication, en 1995, Jean-Jacques Moscovitz avait proposé un débat public à partir de cet entretien. Ce débat n’a jamais eu lieu, ni hier, ni aujourd’hui.
M. W.
mars 1999 / avr. 2001 / sept. 2005
Liens
Le temps du non
http://www.psychanalyse.et.ideologie.fr/
Publication
J-J. Moscovitz, Micheline Weinstein, Psi-le Temps du Non, avril 1999
ISSN 0995 15 47 / 1995
ISBN 2-9512542-7-X







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