Vidéo -6'30"Interview de Marcel Lemonde, juge international
Michel Dumont et Eric Bergeron – ARTE GEIE – France 2007
>> Transcription de l'interview
Le français Marcel Lemonde et son collègue cambodgien You Bun Leng sont les deux juges d’instruction du Tribunal International. Nous avons demandé à Marcel Lemonde de nous expliquer en quoi le Tribunal mis en place à Phnom Penh différait des Tribunaux internationaux sur l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda.
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La période khmère rouge en bref
Le 17 avril 1975, les « khmers rouges » s’emparent de Phnom Penh. Durant quatre ans, le Cambodge, rebaptisé Kampuchea démocratique, va sombrer dans la folie meurtrière du régime de Pol Pot, nom de guerre de Saloth Sar, le N°1 du parti communiste cambodgien.
Le pays est transformé en un gigantesque camp de travail. Travail jusqu’à l’épuisement et la mort, exécutions à tout va, entre 1975 et 1979, près de 1,7 million de Cambodgiens seront victimes de la paranoïa et de la cruauté des khmers rouges. A Phnom Penh, un lycée du centre ville est transformé en camp de détention et de torture. Le camp de Tuol Sleng ou camp S 21, dirigé par Kang Khek Leu, plus connu sous le nom de Duch, responsable de la mort de quelques 17.000 personnes.
Le 24 décembre 1978, les troupes vietnamiennes envahissent le Cambodge ; le 7 janvier 1979, elles prennent Phnom Penh. Les dirigeants khmers rouges prennent le maquis. Pol Pot meurt le 15 avril 1998, huit mois plus tard, les dernières unités khmères rouges déposent les armes.
Le Tribunal international de Phnom Penh
C’est sous la pression de la communauté internationale qu’après d’âpres négociations, le gouvernement cambodgien d’Hun Sen (un ancien cadre militaire khmer rouge qui a fui au Vietnam en 1978) accepte, en juin 2003, la mise en place d’un Tribunal international chargé de juger les dirigeants khmers rouges.
L’accord prévoit que l’organisation des Nations Unies accompagnera les procédures sans les diriger. Des Chambres extraordinaires seront créées au sein des Tribunaux cambodgiens et fonctionneront avec l’assistance et l’accompagnement de la justice internationale. En d’autres termes, ce sont les autorités cambodgiennes qui gardent la main…
Le 4 octobre 2004, le Parlement de Phnom Penh ratifie la loi permettant la mise en place des Chambres Extraordinaires. Cette loi précise que seuls seront jugés « les plus hauts responsables » du régime khmer rouge et pour la seule période allant d’avril 1975 à janvier 1979.
En juillet 2006, les 19 magistrats des Chambres prêtent serment (11 Cambodgiens, 8 Occidentaux). Le Tribunal est doté d’un budget de 56 millions pour la durée de la procédure. Le tribunal ne devient vraiment opérationnel qu’à la fin juin 2007, après adoption du règlement intérieur.
Quels sont les dirigeants khmers rouges encore en vie ?
- Nuon Chea (81 ans), alias frère N°2 a été arrêté fin juillet 2007 par la police cambodgienne et remis au Tribunal International.
- Kang Khek Leu (65 ans), alias camarade Duch, responsable du camp S 21 était emprisonné depuis mai 1999. Il a été remis en juillet dernier au Tribunal International.
- Ieng Sary (82 ans), alias « frère N°3 », ministre des Affaires Etrangères du Kampuchea démocratique, a bénéficié d’une grâce royale en 1996 après s’être rallié au gouvernement de Phnom Penh. Il vient d’être arrêté le 12 novembre, ainsi que sa femme et remis au tribunal international.
- Khieu Samphan (76 ans), Chef de l’Etat du KD, s’est rallié au gouvernement de Phnom Penh. Il vit avec son épouse à Païling. Il a été arrêté le 19 novembre 2007.
- Pour en savoir plus:
Dictionnaire des Khmers Rouges
De Solomon Kane (auteur) Préface de David Chandler
Editions « Aux lieux d’être » - Irasec
REPORTAGE: Cambodge : le difficile travail d’histoire
17.11.2007 - Michel Dumont et Eric Bergeron – ARTE G.E.I.E. - France 2007
29 ans après les faits, le génocide d’un million sept cent mille Cambodgiens par les Khmers rouges de Pol Pot, le Tribunal international mis en place à Phnom Penh est, enfin, en fonction. Pour l’heure, seuls deux anciens dirigeants khmers rouges ont été arrêtés et mis en accusation : l’un s’appelle Duch (64 ans) et fut le directeur du camp S 21 où 17 000 personnes ont été emprisonnés et torturés ; l’autre s’appelle Nuon Chea (81 ans), numéro 2 du régime de Pol Pot.







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