Tracks
Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.
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Emission du vendredi 28 novembre 2003 à 19h00
Rédaction: BR, Kobalt
Backstage - Acid House

Dans le clip de „Freak“, le nouveau morceau de Mark Bell, d‘innocentes lycéennes japonaises se secouent la tête à en tomber à la renverse. Mais la chanson est aussi l‘occasion d‘un revival : celui de l’acid-house. Luke Vibert, l‘un des DJs les plus adulés de Londres, s‘est lui aussi pris de passion pour les sonorités des raves de la fin des années 80. La présentation de son nouvel album a attiré 2000 jeunes, impatients de redécouvrir ce son si particulier. Le Coronet, le club londonien où l‘événement a eu lieu, était plein à craquer, comme au bon vieux temps.
La musique de Luke et de Mark Bell est éditée par le label anglais Warp, créé dans le sillage du mouvement acid house et qui a bâti sa réputation avec un flair inégalé pour les tendances nouvelles en matière de musique électronique. L‘acid-house est le seul style musical à puiser ses origines dans un synthétiseur. Le TB 303 a fait un vrai flop sur le marché jusqu‘à ce que trois DJs de Chicago l‘utilisent pour leurs expériences. Ainsi est né l‘acid-house, un son nouveau qui se propagera très vite à l‘Angleterre. En 1988, les jeunes qui passent leur week-ends à danser ont, eux aussi, l‘air assez étrange. En quelques mois, ces fêtes, tout d’abord privées et confidentielles, deviennent de vrais événements collectifs qui drainent des dizaines de milliers de personnes.
L‘Angleterre n‘a plus connu pareil phénomène depuis le punk. La presse bien pensante agite le chiffon rouge, en comparant les ravers à des brigands et des voyous. La police se réveille et interdit les ‘partys’ ; les ravers et leur toute nouvelle communauté de fouteurs de zone viennent de tirer un trait définitif sur le nihilisme des années 80. Front Room Recordings, un petit label londonien, édite de la musique qui s‘inspire de cette époque.

A Guy Called Gerald
La crise de la musique a fini par rattraper les clubs. L‘an passé, le "Cream ", le „Home“ et le "Gate Crasher", trois clubs londoniens pourtant très en vue, ont dû fermer boutique. Le temps des foules en émeute est révolu et le milieu acid-house doit refaire surface. Leon Oakey, du label house „Classic“, et ses copains de Front Room misent sur plus de simplicité et un retour aux sources.
Leon Oakey
Tous ces clubs qui ferment, c’est symptomatique. Il y a de plus en plus de petits clubs, dans des caves, pour un soir seulement quelquefois. La scène est devenue plus petite, plus confidentielle. C’était devenu très commercial. Quand les ventes de disques ont chuté, les gens qui en faisait juste pour le fric ont laissé tombé et ce sont les purs et durs qui reprennent le flambeau, mais de manière très confidentielle.
Au Club Telegraph, où se sont produits à leurs débuts des groupes comme The Clash et Basement Jaxx, les anciens morceaux d‘acid-house sont à l‘honneur. A Guy Called Gerald a ressorti son vieux tube „Voodoo Ray“ et les nightclubbers sont sur un nuage. Steve, organisateur de soirées, se réjouit lui aussi de voir que la relève de l‘acid est assurée.
Le seul effet indésirable du come-back de l‘acid-house, c‘est que l‘acide en tant que drogue vient, elle aussi, de réapparaître sur le marché. Mais même sans hallucinations, les smileys sont bel et bien de retour. L‘acid-house vient de fêter ses 18 ans et son revival pourrait bien réunir, dans la même nouba, certains jeunes et leurs parents.
>> Luke Vibert chez Warp
>> Mark Bell
>> Front Room Recordings
>> A Guy Called Gerald
Edité le : 27-05-04
Dernière mise à jour le : 27-11-03