Devon Clifford - "You say party ! We say die" : "C’est une excellente idée pour une maison de disques mais je ne signerai jamais un contrat de ce type, c’est ridicule. Nos concerts nous appartiennent. Le disque, c’est autre chose, quelqu’un peut nous acheter les droits et publier l’album mais les revenus des concerts nous appartiennent en propre, de même que les produits dérivés que nous concevons nous-mêmes et que nous faisons fabriquer. Je ne vois pas pourquoi nous devrions les partager avec une maison de disque."Il n’est donc pas étonnant que même des formations aussi peu connues que les Canadiens du groupe dance-punk "You say party ! We say die" refusent de partager les bénéfices de leurs spectacles. Malheureusement aujourd’hui, pour gagner de l’argent, il faut faire des concerts. Même les « Fantastischen Vier », qui caracolent régulièrement en tête des charts allemands, gagnent aujourd’hui plus d’argent avec leurs concerts qu’avec la vente de leurs CDs.
Les groupes devront donc se produire sur scène plus souvent et inventer de nouvelles stratégies. De ce point de vue, les Einstürzenden Neubauten, LE groupe de punk avant-gardiste allemand, sont des pionniers malgré leur ancienneté. Ils ne travaillent plus avec une maison de disques depuis longtemps. Leurs séances d’enregistrements, ils se les font sponsoriser par leurs fans. Leurs supporters leur versent 35 euros. En échange, ils pourront assister aux enregistrements grâce à une webcam et recevront une édition collector du nouvel album.
Une centaine de ces fans a même participé à l’enregistrement des chœurs de l’album. L’édition de la musique est à la veille d’un changement radical. Les albums, tels que nous les connaissons depuis les années 60, risquent fort de finir prochainement sur le dépotoir de l’histoire.
Pendant que les maisons de disques se lamentent, les musiciens ont déjà pris le pli. Cette baisse du profit a aussi l’avantage de séparer le bon grain de l’ivraie. Les musiciens vraiment motivés multiplient les tournées et établissent des relations personnelles avec leurs fans. Et ils n’arrêteront pas de faire la musique, sous prétexte que quelques grosses boîtes de disque se retrouvent sur la paille.
Blixa Bargeld : "Quand la musique ne permettra plus de faire de l’argent, il est clair que les seuls qui continueront à faire de la musique sont ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Comme l’a dit Arnold Schönberg : « L’art, ce n’est pas quand on sait faire. C’est quand on doit faire."







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