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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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17.02.2005 - 23.55 : tracks - 02/09/08

Backstage - Sex on stage

Dans sa variante érotisée ou dans ses excès les plus trash, le sexe est de retour sur scène. Le bon vieux mythe « Sex and Drugs and Rock n Roll » est en plein revival.

Extrait du reportage (real video - 5mn15)

Razi alias "Boy from Brazil"
Razi alias « Boy from Brazil » fait mumuse avec les clichés. Ses spectacles live consistent en une sorte de collage du fétichisme, du SM et du porno des années 70. Son but n’est pas de nous allumer bêtement mais de nous provoquer. Lors de ses performances, le sexe se passe davantage dans nos têtes qu’entre nos jambes.

Razi : "Dans le business de la musique, de Britney Spears aux Strokes, il n’est question que de sex-appeal. Et je me suis dit qu’il serait peut-être possible de conceptualiser, de ne plus se contenter de le vendre, mais de dépasser le simple aspect visuel et de l’amener à un niveau plus cérébral, où le sex-appeal serait présenté comme un art et représenté comme un concept en soi. "


Houston Bernard
« Boy from Brazil » n’est pas le seul à présenter un tel concept. Le spectacle, plutôt peu ragoûtant, de l’Américain Houston Bernard se veut également l’expression d’une idée politique. Houston couche aussi bien avec des garçons qu’avec des filles. Musicalement, il a tout autant de mal à se fixer. A 25 ans, il se définit comme un « rappeur-bi-porno-électro-punk ». Il a quitté son village du Massachusetts pour s’installer à Brooklyn. Mais entre-temps, la nouvelle pruderie conservatrice a fini par arriver jusqu’à New-York. Pour Houston Bernard, c’est une raison de plus pour mettre les bouchées doubles.

Houston Bernard : "Je me bats pour la liberté, pour les Droits de l’Homme, pour les droits des homos. Pour que les gens aient le droit de s’aimer, d’être reconnus. Ils paient des impôts, ils se battent pour le pays dans l’armée. Ils travaillent pour le pays. Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits que tout le monde ? Voilà pourquoi je me bats. Je fais des milliers de kilomètres à travers les Etats-Unis pour défendre les droits des homos."


Brandon und Krylon
Rares sont ceux qui manifestent leur opposition aussi sincèrement que Brandon. La répression qui sévit aux USA fait fuir de plus en plus d’artistes. Berlin, havre de libéralisme, est actuellement le « place-to-be » pour tous ceux qui travaillent sur le thème du sexe. A New York, Brandon n’y tenait plus. Là-bas, « Pussy » - c’est le nom de son spectacle- lui aurait valu d’être embarqué par la brigade des mœurs.

Brandon :"Ici, il arrive que mes amis et moi, on boive quelques cocktails au bar et on se dit :“Si on se déshabillait ?“ On se déshabille et bientôt, tout le monde est nu. Si on était à New York, le bar serait fermé pour attentat à la pudeur. Ici, ça n’arrive pas, on a le droit de s’amuser, on est plus libre."

Au « White Trash », un bar berlinois, Krylon peut, lui aussi, montrer ce qu’il a dans le ventre. Ses spectacles dénoncent la dictature de la beauté qui sévit actuellement dans les milieux homosexuels américains.

Krylon : "Tout le monde faisait de jolis petits spectacles, sans devenir des monstres. Je me suis dit : “Qu’est-ce que je pourrais faire pour projeter l’image de la beauté ? Je suis un peu plus enveloppé aujourd’hui mais je voulais faire un spectacle pour que les gens se disent : “Mon Dieu, mais qui est-ce ?


Choquer est devenu difficile. En 1969, pour ce faire, il suffisait que Iggy Pop se roule dans le beurre de cacahuètes et se jette dans le public. Au milieu des années 70, Genesis P. Orridge, choquait le public en utilisant des tampons usagés, aujourd’hui il amuse la galerie en se transformant petit à petit en une femme. Quant aux Cramps, et leurs filles en bikini qui dans les années 80, se trémoussaient avec des mitraillettes à la main, ils sont aujourd’hui touchants de ringardise.
Pour Razi, alias « Boy from Brazil », tous ces artistes sont pourtant des exemples à suivre. La littérature sur le sexe, qu’il dévore massivement, l’inspire également pour sa musique. Razi est fils de diplomate. Son père palestinien et sa mère allemande se sont rencontrés lors des mouvements contestataires étudiants. Tous deux ont eu pour prof Herbert Marcuse, le père spirituel de la révolution de 68. « Le sexe touche au politique » : telle est, aujourd’hui encore, la devise de Razi.

Razi : "En pensant aux communautés de l’époque, je trouvais que l’association « sexualité plus politique », en d’autres termes le polit-porno, était assez intéressante et assez drôle. L’émancipation et la libération sexuelle sont assez faciles à associer."

Le sexe, en tant que concept politique. Uschi Obermaier et Rainer Langhans, de la légendaire « Commune numéro 1 », dévoilaient tout de leur vie sexuelle. Uschi Obermeier brisait les tabous sociaux de l’époque, en restant résolument féminine et sexy. Les activistes sex-rock d’aujourd’hui vont plus loin. Peaches n’hésite pas à arborer une barbe et de faux testicules pour se transformer en vilain macho et tourner en dérision les rockeurs version testostérone.


Mignon
Mignon aimerait, elle aussi, que les filles se lâchent un peu plus. Et lors de ses spectacles, elle montre comment faire. Sur scène, la jolie Mignon se transforme en véritable furie. Mais son spectacle, si sauvage soit-il, n’est qu’un jeu. A la différence de Razi ou de Peaches, elle ne vise aucun changement politique par sa musique. Elle veut simplement s’amuser.

Mignon : "Les garçons se servent du rock pour avoir du sexe. Et les filles se servent du sexe pour faire du rock. Je me définis comme ça, moi aussi. Toutes les jeunes filles apprennent à jouer sur leur sex-appeal pour obtenir ce qu’elles veulent et toutes les femmes s’en servent parce que ça fonctionne toujours."

Dans le business, ce même principe est exploité pour vendre un maximum de disques. Les poses osées des protagonistes sont dûment stylisées et mises en scène dans ce but. Rien n’est authentique et c’est précisément ce qui a le don d’énerver les artistes indies qui travaillent sur ce thème. Les spectacles indies n’ont rien à voir avec une quelconque stratégie de marketing. Ils récusent d’entrée de jeu les canons de beauté communément admis comme tels. Ici, le sexe est doué de sa propre autodetermination : cru, sale, mais sincère.
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Albums
"Pointless Shoes" de Boy From Brazil chez Transsolar
"Fatherfucker" de Peaches chez XL Recordings

Sites officiels
>> Boy From Brazil
>> Peaches
>> Stinkmitt
>> Houston Bernard

Article (en allemand)
>> Black Soul - Mignon
>> Mignon
>> Boy from Brasil

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TRACKS
Jeudi 17 février 2005 à 23h55
Samedi 19 février à 17h50
Rédaction: Kobalt
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Edité le : 02-09-08
Dernière mise à jour le : 02-09-08