Tracks
Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.
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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.
Diffusion le vendredi 20 septembre 2002 à 19h00
Rédaction: ARTE France, Program33
Turkish Touch
Voir un extrait du reportage: bas débit - haut débit
Entre les deux rives du Bosphore, deux mondes cohabitent. Tiraillé entre l'Orient et l'Occident, Istanbul invente des fusions inédites.
Dans les clubs House et electro de Galata, le quartier branché de la capitale turque, les DJs redecouvrent leurs racines sur fond de beats digitaux.
Fondé il y a trois ans, "Jingle House" a lancé le label Elec-trip. Omer Ahunday et ses musiciens rééditent le miracle de la french touch en exportant sa musique de l'Europe à l'Australie.
Avec trois albums, Ozlem Tekin est l'une des nouvelles stars de la pop turque. Elle incarne la nouvelle génération décomplexée.
Ceux par qui tout a commencé se sont installés sur la rive orientale du Bosphore. Depuis 96, Baba Zula a ressorti du placard la musique traditionelle turque.
Considérés à leurs débuts comme des allumés dans leur propre pays, l'histoire semble donner raison à Babazula: les mélanges ont le vent en poupe et leur carrière à l'étranger les a vus jouer avec les Irlandais de Kila ou les américains de B 52's.
Murat Ertel
C'est bien que les jeunes s'interessent à nouveau aux musiques traditionnelles. C'était déja le cas, avant, mais ça s'était arrêté depuis assez longtemps. Peut être à cause de la militarisation et des idées antidémocratiques.
A la fondation de l'Etat Turc en 1923, Ata Turk interdit les musiques folkloriques pour faire taire les divisions nationales. Une chape de plomb s'abat sur les cultures régionales, jusqu'à ce que des musiciens les redécouvrent au début des années 90.
Murat Ertel
La musique traditionnelle d'un pays peut avoir une influence sur tous les gens qui y habitent, même les plus pauvres. On ne devrait pas la considérer comme un truc touristique ou la cataloguer dans les "Musiques du monde"
Installés dans une HLM d'Istanbul, Baba Zula mixe les instruments traditionnels comme le derbuka ou le saz avec les sampleurs de la dernière génération. Mercan Dede, lui, fouille encore plus loin dans le passé ottoman avec son electro-soufi.
Patron du Babylone, le club d'Istanbul qui a vu jouer St Germain et les Orishas, Memet fut le premier à lui donner sa chance en le sigant sur son label Double Moon.
Memet / Double Moon
Il y a 15 ans, personne n'écoutait plus de musique turque. Tout le mode s'en foutait et voilà que maintenant, s'il y a une touche locale dans la musique elle se vend beaucoup mieux. Il y a une vraie demande. Même sur des sons techno comme ce soir, s'il y a des sons turcs, tout le monde danse. Il y a un vrai retour aux sources, les gens cherchent leur racines.
Installé au Canada depuis 15 ans, Mercan Dede a eu la révélation du soufisme en revenant sur sa terre natale. Comme les derviches tourneurs, il met sa musique au service de Dieu. Dans le cimetière des derviches du couvent de Galata, il s'imprègne des neuf siècles d'histoire du soufisme.
Dans l'extase mystique des derviches tourneurs, plus de gauche ni droite, plus d'Orient ni d'Occident.
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 19-09-02