Cette année, l'Iranien Bahman Ghobadi a reçu l'asile cinématographique sur la Croisette pour présenter un film hybride entre fiction et documentaire: "Les Chats persans". Cette œuvre clandestine a été coécrite avec la compagne de Ghobadi, Roxana Saberi, journaliste pour la BBC et américano-iranienne, qui vient de passer 100 jours en prison sous l'accusation d'espionnage au profit des Etats-Unis. Aujourd'hui libérée sous la pression internationale, l'ex miss Dakota est revenue aux USA, et son ami a décidé de la suivre dans son exil.
Entièrement réalisé sous le manteau en 17 jours, "Les Chats persans" plonge dans la scène underground de Téhéran, jusque là ignorée de tous. Les musiciens underground qu'a filmés Bahman Ghobadi ont vécu ce tournage dans la peur du gouvernement iranien et de ses éventuelles représailles. Pour éviter que les voisins n'appellent la police, certains vont jusqu'à jouer dans des étables à la campagne.
Après avoir quitté l'Iran, le réalisateur vit entre les Etats-Unis, l'Europe et le Kurdistan irakien. Il a récemment été arrêté puis incarcéré pendant une semaine après avoir critiqué le gouvernment et être entré illégalement en Iran. Bahman Ghobadi résume le tournage en quelques phrases: "Quand tu fais un film sans autorisation, ta main tremble comme ça. Ça se voit plan par plan dans le film (...). Je tournais en moto, avec une seule caméra, et tout d'un coup la police arrivait et on courait! Mais c’était une promenade de santé pour moi ! ".







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