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Cinéma sur ARTE - 10/02/12

Baisers volés

Film de François Truffaut (France, 1968, 1h27mn)
Avec : Jean-Pierre Léaud (Antoine Doinel), Delphine Seyrig (Fabienne Tabard), Claude Jade (Christine), Michael Lonsdale (M. Tabard), Daniel Ceccaldi (M. Darbon), André Falcon (M. Blady)
Scénario : François Truffaut, Claude de Givray et Bernard Revon, Image : Denys Clerval, Musique : Antoine Duhamel, Production : Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés

L'éducation sentimentale d'Antoine Doinel sur l'air nostalgique de "Que reste-t-il de nos amours ?". François Truffaut cultive l'insolite, l'humour et la tendresse dans cette comédie pétillante.


Engagé volontaire dans l'armée, Antoine, âgé de 24 ans, en est congédié sans ménagement. Avec l'appui du père de Christine, dont il est amoureux, il travaille comme veilleur de nuit dans un hôtel, mais ne tarde pas à perdre son emploi. Insouciant, il s'en remet au hasard qui, justement, le met sur le chemin de l'agence de filature Blady : Antoine devient détective privé...

Six ans après le sketch de L'amour à vingt ans, Truffaut renoue avec les (més)aventures d'Antoine Doinel. Avec ce titre tout simple emprunté à "Que reste-t-il de nos amours ?", la célèbre chanson de Charles Trenet, le cinéaste s'amuse à conter les pérégrinations amoureuses - et professionnelles - de son personnage fétiche. Entre une prostituée revêche et l'indécise Christine, sans oublier l'impériale Mme Tabard (merveilleuse Delphine Seyrig), Antoine est constamment dominé par les femmes. Pour autant, le ton de ces Baisers volés est celui d'une comédie pétillante et l'on rit souvent, qu'il s'agisse de la scène rocambolesque du flagrant délit d'adultère ou du tragi-comique Michael Lonsdale se payant les services d'un enquêteur pour comprendre pourquoi personne ne l'aime. Avec son extraordinaire sens du détail (de brefs plans sur deux mains agrippées l'une à l'autre laissent présager le pire) et sa parfaite maîtrise de l'ellipse (l'épisode d'Antoine et de la "très grande fille"), Truffaut confirme qu'il est un grand metteur en scène. Quant à Jean-Pierre Léaud, avec ses lèvres boudeuses et ses airs impassibles, il est épatant en anti-héros que rien ne semble pouvoir atteindre : sa fausse nonchalance et sa manière inimitable de rabattre sa mèche ou de raconter une filature en disent plus long que d'ennuyeux développements psychologiques.

Baisers volés
mercredi, 22 février 2012 à 14:50
Pas de rediffusion
(France, 1968, 87mn)
ARTE F

Edité le : 10-02-12
Dernière mise à jour le : 10-02-12