Samedi 20 mars 2010 à 19h15 - 21/03/10
Bangladesh : l’eau du diable
de Damien Wanner, Elsa Kleinschmager et Florence Touly - ARTE GEIE - France 2010
L’eau des puits pourrait bientôt causer plus de décès au Bangladesh que les cyclones et les inondations réunis. Entre 20 et 80 millions de personnes seraient en danger. «L’eau du diable» pourrait bien être responsable d’une des plus graves crises sanitaires de l’histoire…
Au Bangladesh, pays parmi les plus pauvres du monde, des millions de villageois des zones rurales s’empoisonnent en silence.
Le sous-sol regorge naturellement d’arsenic, un poison violent bien connu des amateurs de romans d’espionnage qui, lorsqu’il est ingéré quotidiennement à faible dose pendant quelques années, provoque des cancers de la peau ou des organes internes.
Ce poison est aujourd’hui présent dans les nappes phréatiques de 60 districts sur les 63 que compte le Bangladesh.
Ironie de l’histoire, dans les années 70, le gouvernement - épaulé par l’UNICEF et la Banque Mondiale - a lancé un vaste programme de forage de puits peu profonds.
A l’époque, dans la majeure partie du pays, on buvait l’eau des rivières déjà très polluées : les maladies diarrhéiques tuaient 80 000 enfants par an. Mais le miracle du puits peu profond s’est lentement transformé en malédiction. D’ailleurs, les anciens de ces régions, héritiers de la sagesse populaire, connaissaient le danger. Cette eau puisée dans le sous-sol, ils l’appelaient «l’eau du diable».
dans la tradition locale, mais personne ne s’est attardé sur leur mise en garde.
La contamination des eaux a été découverte au cours des années 90, après la construction de 10 millions de puits. Les autorités ont certes tenté d’identifier les puits à risque mais faute d’alternative, à défaut de source d’approvisionnement saine à proximité, de nombreux Bangladais consomment toujours de l’eau empoisonnée.
Aujourd’hui, le gouvernement s’évertue à trouver des solutions, à prendre en charge les premiers malades, mais la tâche est immense et le coût des opérations insurmontable pour ce pays déjà au bord du gouffre.
Dans notre dossier "L'eau en danger"
A partir du 22 mars, Journée mondiale de l'eau, découvrez chaque jour un nouvel épisode de notre web-série spéciale consacrée à l'eau au Bengladesh.
ARTE Reportage
samedi, 27 mars 2010 à 06:00
Pas de rediffusion
(France, 2008, 42mn)
ARTE
Edité le : 17-03-10
Dernière mise à jour le : 21-03-10