Les Bears, ce sont des hommes velus, Mesdames et messieurs. Pas seulement velus, mais naturellement voluptueux, de vrais Rubens. Des hommes qui chaque jour résistent à la tentation de faire de la gym. Les Bears, vous l’ignorez peut-être, sont les recalés de la scène. Mais les parias de la communauté gay n’ont pas dit leur dernier mot. Du maquillant en guise de barbe, un peu de strass sur les poils du ventre : le new burlesque devient le bearlesque.Le point commun entre le bearlesque et le new burlesque est un amour immodéré pour les cache-tétons. A l’âge d’or du new burlesque, dans les années 40 et 50, le strip-tease était plus élégant. Pourtant, les ours observent à la lettre la règle d’or du burlesque : un strip-tease s’arrête au slip et au cache-tétons. L’important, c’est l’effeuillage. Même si, avec le bearlesque, la bedaine s'affiche avec une voluptueuse décontraction.
Le bearlesque a été inventé par le milieu gay londonien et pour les besoins de la cause, Fred a rassemblé une impressionnante collection de casques. Dans l’appartement de Simon Bear, ils réparent les costumes et décorent leurs casques. Même s’il semble évident que de vrais vikings refuseraient catégoriquement de porter ce genre de casques. Comme le new burlesque, le bearlesque s’inspire fortement des années 50, de cette époque lointaine où le strip-tease avait encore un parfum de scandale, un parfum que le new burlesque a malheureusement perdu. Aujourd’hui, les stars du genre sont mondialement connues, notamment la plus célèbre d’entres elles : Dita von Teese, dont les idées délirantes ne manquent pas d’inspirer le bearlesque. Mais le politiquement incorrect a toujours eu un petit goût de reviens-y. Et la vilaine autruche se transforme en noble cygne... Ou quelque chose d’approchant.
Dans le milieu homo, Simon Bear, Fred Bear et les autres font partie des « ours ». Ils mettent un point d’honneur à faire étalage de leur virilité, mais ça ne signifie pas pour autant qu’ils se veulent strictement masculins."On présente la scène des bears, des ours, à un public hétéro, qui en ignore l’existence. On leur fait découvrir une dimension toute nouvelle. Et aux ours, on leur ouvre de nouvelles perspectives. C’est souvent un univers assez stéréotypé et on essaie d’élargir le champ." (Justin Bear) Reste à espérer qu’à force de lever la jambe, ces jolis ours ventripotents ne se transformeront pas en girafes filiformes. Ce serait dommage de voir fondre ces ravissants bourrelets.
Liens>> Le site officiel de Bearlesque
>> Myspace de Bearlesque
>> L'article d'ARTE sur le new burlesque (2005)
>> Le dossier d'ARTE sur le striptease (2005)







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