20 ans après sa création, le Tacheles attire toujours les foules. Le Tacheles, c'est la mecque de la mouvance alternative, une ruine artistique qui incarne l'image de Berlin : pauvre, mais sexy - et surtout, créative. Mais le contrat de location de l'association est arrivé à son terme il y a un an et le centre culturel est en faillite - une catastrophe pour les artistes comme Martin Reiter :"Avec le Tacheles, c'est tout le centre créatif de Berlin qui risque de disparaître. Parce que le Tacheles, ce n'est pas seulement ce bâtiment, avec les artistes qui vivent et travaillent ici - le Tacheles, c'est un aimant artistique, une institution dans la vie culturelle berlinoise de ces 20 dernières années".
Le Tacheles a été fondé en 1990, six mois après la chute du Mur - une époque où la ville était en plein renouveau. Cet ancien grand-magasin est vite devenu le point de ralliement des artistes du monde entier. Mais depuis plusieurs années, ce temple de la création artistique est menacé par la commercialisation - car le Tacheles est situé dans l'un des quartiers les plus convoités de Berlin. Le propriétaire du terrain et sa banque refuse de jouer aux mécènes pour ce centre culturel. Joachim Voigt-Salus s'explique :"L'administrateur qui travaille pour la HSH Nordbank m'a dit très clairement qu'ils n'étaient pas prêts à envisager un droit d'utilisation - à partir de là, même le meilleur des administrateurs judiciaires en droit d'insolvabilité n'a aucune chance d'obtenir que les artistes puissent continuer à exploiter ce terrain"
Pour les artistes qui travaillent depuis longtemps au Tacheles, l'avenir est bien sombre. Le centre abrite une trentaine d'ateliers - en plein cœur de Berlin, et pas relégué à la périphérie de la ville - d'où l'attrait qu'il exerce sur les jeunes artistes. Dernier espoir pour l'association : se tourner vers les politiques.
"Nous allons reprendre contact avec les politiques, précise l'artiste Martin Reiter. On n'a plus le choix car depuis une semaine, on sait à quoi s'en tenir : on nous dit le Tacheles doit fermer..."
Avec le Tacheles, ce serait l'un des symboles de la scène artistique berlinoise qui disparaîtrait - l'un des projets qui ont fait de Berlin l'une des métropoles les plus captivantes au monde.







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