Nouveauté
>> Lire la suite de la chronique sur Decitre.fr
- Les intellos
Georges Bataille "Histoire de l’œil"1928 - Pauvert
L’incontournable. Le sexe y explose dans toute sa beauté littéraire et scandaleuse, mais donne à penser, non à caresser.
Louis Calaferte "La mécanique des femmes"
1992 - FolioPlus direct et obsédé que Bataille dans son appréhension du sexe, Calaferte avec ce livre va à l’essentiel de son écriture cul et crue, évite les détours de Septentrion. Le détachement étant le maître mot de sa verve, là aussi la séduction ne descend pas sous la ceinture.
Catherine Millet "La vie sexuelle de Catherine M."2001 - Seuil
Entre mécanique des corps et besoin quasi bestial de l’accouplement. Le sexe est immédiat sans la délicieuse médiation de la jouissance. Eloge de la consommation sexuelle pure et dure. Sa lecture est instructive mais ne vous réchauffera pas !
- Chic et choc
Pauline Réage "Histoire d’O"1954 - Le livre de Poche
L’écriture précieuse et distante, bon chic bon genre de cette histoire d’une Justine heureuse et consentante distille le choc de la soumission absolue de l’héroïne. Extase devenue mythique du « bonheur dans l’esclavage » selon l’expression de Jean Paulhan.
Gabrielle Wittkop "Le nécrophile"1972 - Verticales
Sujet périlleux. Le talent de Gabrielle Wittkop évite le glauque, le dégoût. Très littéraire, la nécrophilie y est élégante, raffinée. Une lecture douce pour un sujet qui demeure déroutant .
- Les trash
Marie L. "Noli me tangere"2000 - La Musardine
Tout est déjà dans le titre : ne me touche pas. Le sexe évolue ici dans la sphère enragée de la haine des autres, et de soi .Abandon et délice de la jouissance sont bannis de l’horizon charnel de Marie L. D’ailleurs, il y est plus question de viande que de corps.
Nathalie Ours "Pots pourris"
2002 - Blanche
Nathalie Ours "La ceinture" 2003 - La Musardine
Deux livres renversants. Nathalie Ours a ce don exceptionnel de nous plonger sans fausse note à chaque fois dans une histoire singulière et extrême : une relation incestueuse et sans complexe racontée par un adolescent (Pots pourris), le quotidien libidineux d’une femme qui a choisi de porter une ceinture de chasteté (la Ceinture). Sidérant… à défaut de vous titiller.
Jane Delyn "La laisse"
2004 - BlancheLa narration qui commence comme un énième journal intime témoignant d’un certain ennui urbain bascule progressivement dans l’inquiétant. Plus brut que celui de Pauline Réage, le récit intrigue, puis se révélant sans concession, sans limites, hypnotise et interroge le lecteur. Peut en démanger plus d’un(e), enfin au début, après il s’agit d’un autre trouble. Intelligent, impressionnant.
- Les sensuels…
Anaïs Nin "Vénus Erotica"1969, écrit dans les années 40 - Le livre de Poche
Point de mécanisation à l’œuvre ici. Cette femme joue la corde sensuelle de l’écriture pour des histoires de fesses où seul le plaisir est objet de recherche, et se moque de tout tabou. L’essentiel est donc de jouir pour les personnages. Une écriture intensément troublante, même si l’excitation n’accompli pas sa mission finale, à cause de la brièveté des histoires.
Calixte Belaya "Femme nue, femme noire"2003 - Albin Michel
La littérature érotique africaine est suffisamment rare en France pour se laisser charmer d’abord par son exotisme ; une appréhension ultra-sensorielle de l’érotisme. Malgré une histoire douloureuse de femme, l’écrivain nous plonge dans un ailleurs, sans pudeur, croustillant, brûlant de désir.
Alina Reyes "Le boucher"1988 - Seuil
En un texte très court, une belle traduction de l’appel féminin à la jouissance. La narratrice fantasme sur son boucher, le désire dans toute sa chair et son écriture ne peut du coup nous laisser indifférente. Un petit livre à relire avant d’aller à votre rendez-vous galant si toutefois vous faites l’impasse sur les deux derniers chapitres …. Emoustillant.
- Les masturbatoires
2002 - La Musardine
Esparbec "Les mains baladeuses"
2004 - La MusardineEcrivain prolifique pour Média1000, sorte « collection Arlequin pornographique » qui s’adresse à un public essentiellement masculin, Esparbec offre ici avec la Musardine, une littérature clairement pornographique qui s’adresse à votre bas ventre plutôt qu’à vos neurones, mais là avec art et méthode. Sa lecture permet de comprendre pourquoi celle de Bataille ou même de Reyes ne sera jamais un appel à la masturbation. Esparbec s’impose en véritable metteur en scène, provocateur d’excitation. Toujours respectueux des codes du genre : les ingénues finalement perverses, les petites filles délurées, les punitions exemplaires qui peuplent son écriture, sont souvent très caricaturales mais restent efficaces, alors...
Deux livres à lire d’une main, voir à lâcher complètement !
.......................................................................................
Thema - Derrière le scandale, l'oeuvre
Diffusion le 17 décembre 2004 à 22h20
Une bibliographie préparée par Lucie Lux
>> http://www.lucielux.org
Crédits photos habillage : Pierre Belouin
Modèle: H.
Graphisme: Sébastien Cappe
.......................................................................................






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter