06/10/05
Biographie de Vladimir Poutine
Vladimir Poutine(1952- ), homme d’État russe, élu président de la fédération de Russie en 2000.
Né à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine sort diplômé en 1975 de la faculté de droit de Saint-Pétersbourg (ex Leningrad). Il devient membre du KGB, où il sert pendant quinze ans au sein de la « Première direction générale », le service de renseignements extérieurs, notamment en Allemagne, en Autriche et en Suisse.
En 1990, il devient conseiller du président du soviet de Leningrad, Anatoli Sobtchak, son ancien professeur de droit. Après l’élection de ce dernier comme maire de Leningrad, il préside le Comité chargé des relations extérieures, département ayant pour mission d’attirer les investissements étrangers. Il devient vice-maire en mars 1994. Après la défaite de Sobtchak aux élections municipales de juin 1996, Vladimir Poutine est admis à Moscou au sein du clan du président Eltsine (« la Famille »), où il est chargé de faire l’inventaire des biens de la direction à l’étranger et de les réenregistrer.
En mars 1997, il est nommé numéro deux de l’administration présidentielle, avec pour mission officielle l’application des oukases et des décrets présidentiels. En juillet 1998, il prend la tête du FBS, Service fédéral de sécurité (ex-KGB). En 1999, il agit pour faire écarter de ses fonctions le procureur général Iouri Skouratov, qui dirige une enquête sur l’affaire « Mabetex », une gigantesque malversation financière, dans laquelle Eltsine et certains de ses proches auraient été impliqués. Des sociétés suisses auraient versé d’énormes pots-de-vin à « la Famille » pour obtenir en échange des marchés de construction juteux, comme la rénovation du Palais du Kremlin.
En août 1999, Boris Eltsine propulse Vladimir Poutine Premier ministre. Au même moment, une série d’attentats met l’opinion en état de choc. Le gouvernement conclut immédiatement qu’il s’agit de fondamentalistes tchétchènes. Mais selon d’autres sources, le FSB, service de sécurité (ex-KGB) serait impliqué. Qui en sont réellement les auteurs ? Le Kremlin aurait-il contribué de quelque manière que ce soit à la réalisation de ces actes criminels ? On ne connaîtra jamais la vérité sur ces événements, mais il est vrai que les coïncidences restent troublantes, car ce sera l’occasion pour Vladimir Poutine, encore presque inconnu des Russes, de rentrer en scène. Celui-ci n’est alors crédité que de 1% d’intentions de vote à l’élection présidentielle et semble dénué de charisme politique. Lutter contre les terroristes et le séparatisme tchétchènes, constituent son cheval de bataille. La télévision, la meilleure tribune pour rallier les Russes à sa cause. En quelques mois, il devient la coqueluche du peuple russe. Le miracle se produit. En mars 2000, Vladimir Poutine est élu président de la fédération de Russie au premier tour avec 52,52 % des suffrages, après avoir été nommé président par intérim (le 31 décembre 1999), par Boris Eltsine. Avec pour slogan de campagne, « la démocratie, c’est la dictature de la loi ».
Dès son arrivée au pouvoir, Poutine met en place un régime de plus en plus autoritaire. Il réduit le rôle et le pouvoir des gouverneurs de régions et met les médias de plus en plus sous contrôle. La télévision, très regardée par les Russes, se trouve dans sa ligne de mire. C'est vrai qu’il a pu mesurer lors de son élection, son impact phénoménal sur l’opinion publique (il contrôle depuis tout ce qui est diffusé sur lui). Après la reprise de NTV (en avril 2001), par le géant gazier Gazprom dont l’actionnaire majoritaire est l’État, puis la fermeture de TV6 (en 2002), la chaîne critique à l’égard du pouvoir de Boris Berezovski, il ne reste plus une seule télévision indépendante en Russie. Surtout lus dans les grandes villes, comme Moscou ou St Petersbourg, les journaux qui ont un écho plus faible que la télévision, souffrent moins de la pression du Kremlin. Si quelques grands quotidiens gardent une certaine liberté de ton, l’autocensure qui est de règle dans le choix des sujets et la teneur des propos, limite leur marge de manœuvre. Les journalistes, non plus, ne peuvent pas exercer librement et en toute sécurité leur métier. Certains sujets, notamment la guerre en Tchétchénie représentent un réel danger. Les agressions et les tentatives d’intimidation se sont multipliées. Le meurtre n’est pas exclu. Durant la prise d’otage de Beslan en Ossétie du Nord (septembre 2004), le degré de censure imposé par le gouvernement russe, est monté d’un cran ; les journalistes envoyés par les médias étrangers, interpellés ou expulsés.
Vladimir Poutine gouverne avec ce style autoritaire, contrastant avec la période de désordre précédente. L'économie russe, en crise depuis la faillite de l'empire soviétique puis la liquidation du patrimoine national au profit des oligarques sous Eltsine, sort peu à peu du chaos. Vladimir Poutine tient en particulier à réfréner l'influence des grands groupes russes nés lors de la libéralisation de l'économie et de leurs dirigeants, si nécessaire en allant jusqu'à faire arrêter ces derniers. Les associations de défense des droits de l’Homme, lui reprochent la mise au pas des médias et les manquements graves aux droits de l'homme en Tchétchénie ; elles soulignent le risque d'un basculement vers un régime autocratique. Mais allié des occidentaux, Poutine a vu sa position renforcée avec la prise de conscience de l'importance de la lutte contre le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et les critiques occidentales de l'« action anti-terroriste » en Tchétchénie se sont tues.
Aujourd’hui Vadimir Poutine est devenu l’homme le plus populaire de Russie. Sa réélection triomphale, au premier tour des élections (72% des voix), à la tête de la Russie en mars 2004, le prouve.
Les Présidentielles de 2008 constituent le prochain tournant. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat. Va-t-il la modifier ou a-t-il d'ores et déjà déjà en tête un candidat « inoffensif » qui ne remettra pas en cause son influence ?
Edité le : 04-10-05
Dernière mise à jour le : 06-10-05