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Cannes 2008

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Festival de Cannes 2008 - En compétition - 29/08/08

Blindness

Un film de Fernando Meirelles


Après « La Cité de Dieu » et « The Constant Gardener », Meirelles s’attaque avec « Blindness » à un genre en pleine expansion, mi anticipation, mi catastrophe. Sans beaucoup de succès.

Gael Garcia Bernal
Synopsis : Tout commence quand un homme perd subitement la vue alors qu’il est au volant de sa voiture, attendant que le feu passe au vert. Très vite, chacune des personnes qu’il rencontre le « bon samaritain » qui accepte de le ramener chez lui, son épouse et son médecin sont frappés de « cécité blanche ». Alors que la contagion s’étend à une vitesse fulgurante, la panique gagne la ville. Les victimes, de plus en plus nombreuses, sont mises en quarantaine dans un hôpital désaffecté.

Le trailer du film





Julianne Moore
Critique : Faut-il y voir un signe des temps ? Sans doute. Le cinéma a toujours reflété avec acuité les peurs ou les préoccupations de son époque. Fable assez mal foutue, « Blindness », grand fourre-tout des angoisses de notre temps, tente vainement d’étendre sa portée bien au-delà de ses limites. Le film débute sur les prémices d’une épidémie qui se propage rapidement. La maladie en question rend en une journée les gens aveugles, donc très vulnérables. Tous les personnages aperçus dans cette première partie se retrouvent ensuite enfermés en quarantaine dans un hôpital désaffecté. Parmi eux, une femme apparemment immunisée contre la maladie (Julianne Moore toujours excellente) accompagne son mari médecin (Mark Ruffalo). Située dans une « prison », l’histoire tourne ici au huis clos oppressant et sordide (viols, maladies, suicides, meurtres sommaires…). La communauté tente de s’organiser pour survivre. Sans succès, car « L’homme est un loup pour l’homme » jusqu’à ce qu’un incendie change la donne. Et là, retour au film d’anticipation version apocalypse.

Julianne Moore et Mark Ruffalo
Le tout met mal à l’aise, inquiète, et agace prodigieusement par son côté décousu et maladroit, avec une image un peu mode aux couleurs gris mercure métallisées, très saturées et des fondus au blanc incessants (car, oui, ces aveugles voient tout en blanc et non pas en noir). Il faut se rendre à l’évidence : un bon roman – ici, « L’aveuglement » du prix Nobel de littérature José Saramago - ne fait pas forcément un bon film. « Blindness » sous l’apparence de la fable égrène toutes les frayeurs de l‘homme moderne : la paranoïa de l’épidémie qui fait florès depuis une quinzaine d’années dans les films d’horreur, la peur d’une post-apocalypse nucléaire ou non (qu’on retrouve depuis « Le Monde, la Chair et le Diable » de MacDougall en 1959 jusqu’à « I am a Legend » cette année avec Will Smith en passant par « La 4ème Dimension ») ou celle des camps prisons où l’humain est déshumanisé (on pense à Sangate, Guantanamo ou à d’autres de sinistre mémoire). Dans le registre de l’anticipation pessimiste, « Les Fils de l’Homme » d’Alfonso Cuaron l’année dernière avait raflé la mise. Difficile de faire mieux. Néanmoins, malgré tous ses défauts et ses faiblesses, « Blindness » a le mérite de faire réfléchir à quelques problèmes de fond et c’est déjà pas mal. Il pose la question de l’humanité en tant que valeur et du respect de l’autre. Pour Saragamo, communiste dans l’âme, le salut de l’homme ne vient pas de l’individu mais de la communauté. De plus, ce film trouve une étrange résonance en ce moment même où le monde est ravagé par des catastrophes sans précédents en Birmanie et en Chine. Des images de désolation et de mort à grande échelle que l’Occident regarde à l’heure du souper à la télévision avec indifférence. Sans même les voir.

Delphine Valloire
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Blindness
Un film de Fernando Meirelles
(USA/Brésil/France/Japon, 2008, 118 mn)
Avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover, Gael Garcia Bernal…
Compétition Officielle (Film d’ouverture)

Edité le : 15-05-08
Dernière mise à jour le : 29-08-08