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Accueil > Européens > Bloc-notes de Philippe Perchoc > N° 7 Le participatif

Bloc-notes de Philippe Perchoc

Nous en sommes à la préhistoire du web participatif. Pour le moment, c'est encore « chacun dans sa bulle ».

Bloc-notes de Philippe Perchoc

Bloc-notes - 10/06/09

Le participatif tue-t-il la participation ?

En mai 2005, je ne dormais plus. Je regardais la télévision le soir jusqu’à l'épuisement. J’attendais des heures un dixième commentaire contradictoire au mien sur le défunt site oui-et-non.com et j’avais écrit une lettre ouverte à un défenseur ardent du non. En mai 2009, j’ai parfaitement dormi. En effet, on nous avait promis une campagne vraiment participative, une débauche de moyens de communication. De peur de ne plus suivre le rythme entre les fils rss, Facebook, Twitter, Twitpic, et autres réseaux sociaux, j’avais choisi de vivre la campagne en Lituanie. Grand bien m’en a pris : rien n’est venu déranger la quiétude des bords de la Neris. Nous avons eu beaucoup plus de participatif et beaucoup moins de participation, dans les débats comme au moment du vote.

De nombreux sites, parfois multilingues, comme eudebates2009, les Euros du Village ou le Taurillon ont livré de nombreuses interviews de candidats, palliant une partie des carences des grands médias et en particulier de la télévision. D’autres plateformes, comme 27etmoi d’ARTE, ont tenté d’appréhender les enjeux du côté des citoyens, en suivant la campagne « au coin de la rue ». Partant de là, quels débats traversent la société européenne ? Certains reporters citoyens ont traité de sujets similaires comme la Turquie ou l’avenir de l’agriculture européenne, mais il est bien difficile pour le curieux de se figurer ce que serait un débat entre les correspondants dans les 27 États membres.

D’ailleurs qu’ont pensé les Européens de cette débauche de politique virtualisée ? Difficile à dire. Comme l’a fait remarquer Eurojunky, trublion européen, sous beaucoup des articles publiés sur les sites d’information ou sur les plateformes communautaires des partis politiques, le nombre des commentaires a été pour le moins limité. Ainsi, comme je l’avais redouté, différentes sphères de débats se sont créées sans jamais se rencontrer. Même l' initiative heureuse d’Euronews et de Youtube qui se faisait fort de récolter les questions des citoyens et d’obliger tous les grands partis européens à y répondre a trouvé peu d’écho, bien qu’on puisse y découvrir que les partis européens auxquels participent les Verts français ou le Modem sont pour l’adhésion de la Turquie ! Comment faire pour retrouver la fièvre des débats de 2005 dans les années qui viennent ? Il faut probablement proposer une campagne moins aseptisée à nos concitoyens : tant qu’il n’y a pas d’enjeu politique clair dans le réel, la fonction « commentaire » sur le web ne sert à rien.

Philippe Perchoc
Nouvelle Europe

Edité le : 27-05-09
Dernière mise à jour le : 10-06-09


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