
Os Cobras "The Blues Walk" (Real Audio, 0'30'')
Maysa "O Amor que Acabou" (Real Audio, 0'30'')
Dick Farney, Norma Bengell "Você" (Real Audio, 0'30'')La bossa nova, c’est un style musical léger, nonchalant, qui invite à la danse. On l’associe spontanément au soleil, à la plage, aux grains de sable qui chatouillent les orteils. Ses rythmes veloutés semblent venir par bouffées d’un bar, les soirs d’été. Dans ces conditions, difficile d’imaginer que la bossa nova a pu provoquer une révolution musicale comparable à celle du rock’n’roll.
Cette musique de danse a entamé sa marche victorieuse à un moment où la vie culturelle du Brésil était en pleine effervescence. João Gilberto fut à l’origine de ce renouveau, avec son single « Chega de Saudade » paru en 1958. Les années suivantes, les compositeurs Antonio Carlos Jobim, Carlos Lyra, Roberto Menescal, et les interprètes Astrud Gilberto, Nara Leão, Sylvia Telles, pour ne citer qu’eux, deviendront les grands noms de ce style. Jazzmen et crooners allaient en pèlerinage à Copacabana pour mieux comprendre cette musique si brésilienne. En reprenant des titres pop de Dusty Springfield et des Beatles dans des versions bossa nova, Sergio Mendes a même permis à ce style musical de caracoler en tête des charts internationaux.
A quoi tient donc la popularité de la bossa nova ? Les musiciens de jazz l’aiment pour ses suites d’accords complexes, et des bêtes de scène comme Frank Sinatra et Nat « King » Cole apprécient ses mélodies élégantes. Ce qui caractérise la Bossa Nova, c’est son rythme enlevé, un tempo de samba moins chargé qui permet de prendre toutes de sortes de libertés avec les mélodies.
Ruy Castro a concocté la compilation « Bossa Nova. The Sound of Ipanema » en complément à son livre éponyme. L’écrivain a une connaissance remarquable de la bossa nova qu’il présente dans tous ses états. Sur le CD, il propose des enregistrements de pionniers comme Lucio Alves et Dick Farney mais aussi ceux de la jeune génération. Cette compilation apporte la preuve, si besoin en était, de l’expressivité et de l’intemporalité de la bossa nova.
Matthias Schneider







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