Brésil : Les petits soldats du narcotrafic
Une journée ordinaire dans l’une des 700 favelas de Rio de Janeiro aux côtés des petits soldats du narcotrafic. Lucas, 14 ans, arbore son revolver chromé. Au milieu d’adolescents de son âge, il se sent juste un peu différent, il est très révolté. Il se drogue, n’a peur de rien, et défie presque la mort. Il a choisi d’entrer dans la criminalité par haine vicérale de la police. Son frère, un ancien trafiquant, est mort à l’âge de 16 ans, tué par la police. Une histoire banale, une destinée partagée par d’autres gamins de l’armée du trafic.
Dans une ruelle de la favela, fonctionne le marché de la drogue à ciel ouvert. Des clients de tous âges, du quartier et d’ailleurs, viennent acheter leurs doses tranquillement. Cocaïne, herbe. Abandonnée des pouvoirs publics, la population est indifférente, appeurée ou frise presque la connivence. Le narcotrafic se substitue à l’Etat et joue aussi un rôle social.
Ils ont entre 14 et 25 ans et tiennent le quartier armes de guerre au poing. Ils jouent au chat et à la souris avec la police et dealent jour et nuit. Un business illicite qui rapporte gros. Mais pour les gamins du trafic, le bénéfice est maigre. Quelques poignées d’euros, pour acheter des biens de consommation, entretenir sa famille ou ses vices. Et en prime, le risque de tomber sous les balles des gangs rivaux ou de la police. Une fatalité pour ces jeunes qui savent que la relève est là, nourrie par la misère et l’injustice sociale.
Les petits soldats du narcotrafic sont prisonniers dans la favela. Ils rêvaient souvent d’une autre vie. Mais une fois pris dans l’engrenage, il y a peu d’issues. La religion en est une, comme en témoigne le pasteur Léo. Mais quelque soit la voie empruntée, il leur faut une détermination sans faille pour s’en sortir.
15.09.2007 - De Melissa Monteiro et Jérôme da SilvaARTE GEIE / Melting Pot Productions – France 2007ARTE Reportage - toutes les vidéos