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ACTU CINEMA - 26/02/07

CESARS 2007 : Lady Chatterley

César du meilleur film français et de la meilleure actrice 2007 (Marina Hands). César de la meilleure adaptation (Pascale Ferran, Roger Bohbot, Pierre Trividic), César des meilleurs costumes (Marie-Claude Altot), César de la meilleure photo (Julien Hirsch).

L’humilité audacieuse du regard de Pascale Ferran sur l’œuvre de D.H. Lawrence.

De Pascale Ferran
(France, 2006, 2h38)
Avec Marina Hands, Jean-Louis Coulloc’h, Hippolyte Girardot, Hélène Fillières…

Synopsis : En Angleterre, au début des années 1920. L’existence métronomique de Lady Chatterley (Marina Hands) confine à la solitude. Des promenades, où elle arpente les bois du pays minier, aux obligations qui l’épuisent au chevet de son mari infirme (Hippolyte Girardot), un Lord ancien lieutenant de l’armée britannique, tout la reconduit au domaine grand et froid. Mais au dehors, c’est le printemps et il y a Parkin le garde-chasse (Jean-Louis Coulloc’h), retranché dans une autre solitude. Le corps de Parkin fait irruption dans la vie de cette dame jusque-là résolue, et préside à une rencontre qui les mènera tous deux à un amour véritable.

Critique : Le troisième long métrage de Pascale Ferran a ceci de réjouissant qu’il revendique le traitement résolument français d’un récit longtemps distingué pour sa précision à dépeindre le versant absolument britannique du glacis des conventions de la noblesse et de la confrontation des classes sociales. Au regard de la candeur provoquée par le tâtonnement amoureux qui distingue, entre prudence et hébétude, la passion consommée d’une Lady et d’un garde-chasse, on pourra déceler le legs de François Truffaut. La filiation est établie bien entendu vers ses films ouvertement anglophiles comme « Les deux anglaises et le continent » (1971), mais aussi vers « La Femme d’à côté » (1981) porté par un Gérard Depardieu justement épris et maladroit. Ferran, comme Truffaut, préfère une touche naturaliste et candide à un style réaliste ou savamment allusif qui prédispose généralement au récit des passions délicates et charnelles dans le cinéma français. Sa candeur se révèle donc inattendue, mais également bienvenue et audacieuse par une disposition dans le temps fort à-propos.

Alors qu’il pourrait souffrir des impératifs d’une double version (celle-ci, distribuée en salles, et une seconde, plus longue et prévue pour une diffusion télévisée), son adaptation de l’œuvre de D.H. Lawrence profite d’un montage où la thématique amoureuse se crédibilise dans une durée appliquée à observer sa naissance. L’expérience du désir se révèle palpable et surtout accessible, au lieu de procéder d’un romantisme idéalement foudroyant et anobli par le regard esthétique d’un auteur. Aucune démagogie ne vient pourtant compromettre ce traitement sur le fil. L’humilité se lie au sentiment de la plénitude amoureuse dans ce qu’elle possède de plus concret : rapport frontal, réveil des sens et apprivoisement du corps de chacun, gagnés par une délicatesse à laquelle le cinéma répugne ou ne parvient généralement pas.


Julien Welter


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Lady Chatterley
De Pascale Ferran
(France, 2006, 2h38)
Avec Marina Hands, Jean-Louis Coulloc’h, Hippolyte Girardot, Hélène Fillières…
Sortie du 1er novembre 2006

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Edité le : 26-02-07
Dernière mise à jour le : 26-02-07