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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 1er février 2006 - 11/08/08

Cache-cache

Un conte bucolique et français, dont la poésie semble pourtant venue d’ailleurs.

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D’Yves Caumon
(France, 2005, 1h31)
Avec Lucia Sanchez, Antoine Chappey, Bernard Blancan…

Synopsis : Ancienne et isolée, la ferme de Raymond est vendue à une famille sympathique, qui ne tarde pas à y entreprendre des travaux de réfection afin de s’installer. Le problème, c’est que Raymond est toujours là ! Personne ne le sait, à l’exception de quelques villageois qui, d’ailleurs, le prennent volontiers pour un fantôme. Sans se déclarer aux nouveaux habitants, Raymond se cloître dans le puit, mais ne résiste pas à la tentation de mener quelques expéditions au sein de la demeure rénovée. Les enfants ont tôt fait de deviner sa présence, mais pour les adultes, interrogations et quiproquos s’additionnent de façon ininterrompue et chahutée…

Critique : On serait tenté de rattacher de façon expéditive « Cache-cache » aux films d’Alain Guiraudie ou Philippe Ramos, deux cinéastes révélés avec Yves Caumon dès la fin des années 1990 pour associer d’une manière commune la rigueur esthétique et la cartographie de la province française à une défiance bienvenue envers le réalisme. Pourtant, c’est davantage à un manga du studio d’animation japonais Ghibli que l’on pense en découvrant l’univers et le territoire où se déroule le deuxième long métrage d’Yves Caumon: un homme à mi-chemin du fantôme et du vagabond (il n’a plus de chez lui), deux enfants mieux à même de percevoir l’originalité de la situation, quand les adultes poursuivent la seule logique, et une nature propice à un réagencement graphique et constant des objets et des personnages, d’où naît le gag et une poésie inspirée des phénomènes étranges. Quand Hayao Miyazaki et Isao Takahata réfléchissent à un story-board, Yves Caumon semble raisonner par plans. En dépit d’un budget restreint, ils sont tous réussis.

Ce travail est le fruit d’un regard patient, attaché à un apprivoisement du paysage constitutif de la démarche de cette génération de cinéastes. Chez la plupart d’entre eux, cette disposition peut toutefois provoquer l’émiettement du récit plus que son éclatement délibéré et Caumon, lui non plus, n’y échappe pas toujours. Pourtant, chez cet auteur partagé entre une déréliction uniforme (avec « Il faut dormir » ou « Amour d’enfance », son premier long métrage) et la cohabitation du facétieux et de la mélancolie (avec « La Beauté du monde », son film le plus apprécié), on sent comme un ravissement à aborder à nouveau cette seconde facette de son cinéma avec « Cache-cache ». Il faut d’ailleurs reconnaître que le plaisir est partagé par le spectateur, attentif aussi à une invitation à réfléchir à la notion de dépossession, de marginalité, ainsi qu’à celle de l’accueil.

Julien Welter

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Cache-cache
D’Yves Caumon
(France, 2005, 1h31)
Avec Lucia Sanchez, Antoine Chappey, Bernard Blancan…
Sortie du 1er février 2006

Edité le : 31-01-06
Dernière mise à jour le : 11-08-08