Avec Razvan Vasilescu, Armand Assante, Jamie Elman, Maria Dinulescu…
Un double DVD Bodega Films
Synopsis : 1999, pendant la guerre au Kosovo. Un détachement de militaires américains, sous les ordres du capitaine Jones (Armand Assante) s’apprête à traverser la Roumanie à bord d’un train. Envoyé par l’OTAN et accompagné de quelques soldats roumains, il doit convoyer du matériel en direction de la frontière serbe. Une mission éclair perturbée dès l’arrivée du convoi en gare de… Capaltina, un minuscule village dont le chef de gare, Doiaru (Razvan Vasilescu), fait également partie d’un réseau mafieux. Peu impressionné par le contingent américain, il stoppe le convoi sous un motif purement administratif et détourne la locomotive. La situation est bloquée à la stupéfaction de tous, à l’exception de Doiaru, un homme dont le ressentiment a littéralement asséché l’existence. Sa fille Monica (Maria Dinulescu), elle, aimerait partir loin de Capaltina.
Critique : Précédé d’un évènement funeste, la disparition de son réalisateur Cristian Nemescu dans un accident de la route, « California Dreamin’ » concentre de manière antinomique, c’est-à-dire absolument euphorique, les qualités de la plupart des films roumains découverts ces trois dernières années : cet art de distendre la durée et le nombre des personnages tout en restreignant le champ de l’action tantôt avec comique, tantôt avec sadisme, et une capacité à porter l’absurdité, l’ironie et la tragédie à un degré tel qu’il n’est plus possible de qualifier sommairement le tout d’excentrique ou de slave.
Quasiment achevé au moment où Cristian Nemescu avait rendez-vous avec le destin, ce premier film épique révèle effectivement quelques petites baisses de tension dans sa deuxième partie, une peccadille au regard des vrais films mutilés (à peu près tout Stroheim, la version courte de « La Porte du paradis » de Michael Cimino ou la version cinéma de « Pola X » de Leos Carax). L’inachèvement de ces œuvres n’a pourtant jamais entamé leur importance. C’est aussi le cas de ce film désormais unique, qui s’ouvre avec un prologue particulièrement fort (la course paniquée des habitants d’un immeuble pour descendre un escalier, à mesure qu’ils sont talonnés par le dévalement d’une ogive de taille monstrueuse) et se poursuit par des moments de bravoure qui relèvent de l’état de grâce (la conversation de Monica et d’un sergent américain, délibérément mal traduite par l’interprète roumain épris de la demoiselle et jaloux de ce papillonnage cosmopolite).
Amoureux de la surprise, Cristian Nemescu et son monteur Catalin Cristutiu éprouvent une façon bien particulière d’amener les informations au compte-goutte, en prenant parfois un peu d‘avance. La perplexité des militaires investis de leur devoir de responsabilité, même au devant de l’inanité de la situation, s’en trouve décuplée, ainsi que leur déphasage partagé avec les habitants de Capaltina, ce décor figé soudain au cœur d’une situation rocambolesque, inédite et internationale. Il y a là tous les éléments drôles, tristes ou édifiants, d’une grande histoire et sa mise en scène est à l’avenant. En prime, un très grand rôle pour Razvan Vasilescu, comédien railleur si souvent apprécié chez Lucian Pintilie.
Les compléments du DVD :
DVD1
- Making of (32 mn)
- Bande annonce et teaser
DVD2
Marilena de la P7
(2006 - couleurs - 45 mn)
Primé dans de nombreux festivals, le film qui a révélé Cristian Nemescu
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California Dreamin’
De Cristian Nemescu
(2007, Roumanie, 2h35)
Avec Razvan Vasilescu, Armand Assante, Jamie Elman, Maria Dinulescu…
Un double DVD Bodega Films
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