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ARTE CULTURE - 07/07/08

Camille Claudel

Auguste Rodin fut son professeur. Il fut aussi son amant. Mais c'est à Camille Claudel seule que le Musée Rodin, à Paris, a choisi de consacrer une exposition d'envergure qui commence ce mardi. Et nous avons eu envie de demander à des artistes les raisons pour lesquelles l'oeuvre de cette sculptrice du 19ème siècle les fascine encore autant. Nous avons donc donné rendez vous au plasticien français d'origine algérienne Kader Attia.

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R. Bonnet / J. Ledru / A. Devillers

Son frère Paul, le poète, occupe une place importante dans son œuvre. Sa mère, Louise Athanaïse, aussi, avec qui elle entretient une relation souvent qualifiée de tumultueuse.

Kader Attia : « Ce portrait est d'une puissance absolument incroyable. Moi je trouve que c'est lorsqu'on la regarde du dessous que je la trouve terrifiante et je ne peux pas m'empêcher de penser aux enfants qui vont découvrir ce portrait en contre-plongée. C'est la mère supérieure. Pour la voir, il faut se baisser. Il faut lui faire une sorte de révérence. »

 

Camille Claudel a 31 ans quand elle réalise en 1895 une petite châtelaine de marbre blanc.

Kader Attia : « C'est un buste qui est vivant. Je trouve qu'à chaque fois que j'ai du revoir cette sculpture j'ai toujours l'impression qu'elle est différente. Toute la partie épidermique est très lisse et en même temps toute la chevelure est mate.

Elle arrive à créer un équilibre avec une facture qui est la sienne en faisant cohabiter des textures totalement contraires. Ce que je retrouve dans le travail de Camille Claudel, et notamment dans cette sculpture, c'est la façon dont finalement elle travaille un matériaux à la fois noble et éternel qu'est le marbre, mais elle suggère une émotion dans sa dimension éphémère. J'y vois une sorte d'autoportrait enfant. »

Un homme déchiré entre deux femmes. "L'âge mûr" a souvent été interprété comme le récit de la séparation de Camille Claudel d'avec son professeur et amant, auguste Rodin.

Kader Attia : « J'ai découvert les beaux-arts avec Michel-Ange. Évidemment, il s'est passé beaucoup de choses entre Michel-Ange et Camille Claudel, et pourtant j'y retrouve dans certains personnages la même grâce, dans d'autres la même douleur, et dans certains comme la présence de cette vieille dame, la violence de la poésie. La poésie n'est pas quelque chose qui s'écrit, c'est quelque chose qui se vit. Et l'on sent dans cette sculpture, la vie de l'artiste qui a créé cette sculpture. »

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L'exposition
Retrospective Camille Claudel
Du 15 avril au 20 juillet 2008
Musée Rodin, Paris
>> Le site internet
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ARTE Culture
Avril 2008

Edité le : 18-04-08
Dernière mise à jour le : 07-07-08