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Texte : Klaus Ehringfeld
Correspondant de divers quotidiens allemands comme Handelsblatt ou Frankfurter Rundschau aux Antilles.
Okinawa
Pendant que les touristes s’ébrouent, font de la plongée sous-marine ou du kayak dans une eau à 28°, les habitants d’Okinawa travaillent. Ils sont nombreux à vivre du tourisme. S’il leur arrive d’avoir une journée de libre, et qu’ils sont jeunes, ils prennent leur tente et organisent un barbecue à la plage. Une habitude héritée des soldats Américains qui ont longtemps occupé le pays. Le point d’orgue de l’été est le « jour des morts » ou O-Bon, une fête pluriséculaire. Tous ceux qui le peuvent se libèrent pour danser l’Eisa. La tradition veut que les groupes de danseurs accompagnés de taikos aillent de porte en porte pour appeler et reconduire les âmes des défunts – en toute sécurité.
Texte : Susanne Steffen
Journaliste pigiste à Tokyo. Écrit notamment pour le magazine allemand Focus.
Le Cambodge
Après 30 ans de guerre civile et le sanglant régime des Khmers rouges, le Cambodge compte aujourd’hui parmi les pays les plus pauvres du monde. L’une des principales sources de devises du royaume est le tourisme international pour lequel les 300 kilomètres de côte encore peu exploités sont une véritable aubaine. Les conflits ont toutefois laissé des traces : tandis que sur les plages des jeunes filles proposent des mangues, des handicapés aux membres amputés par l’explosion de mines demandent l’aumône. Ce que les autorités en charge du tourisme voient d’un mauvais œil – et n’aimeraient même plus voir du tout. Le petit commerce et les indigents sont incompatibles avec les exigences des investisseurs étrangers et d’une clientèle internationale.
Texte : Nicolaus Mesterharm
Journaliste pigiste et auteur de films. Vit à Phnom Penh où il a fondé le premier centre cambodgien des arts et des médias (www.meta-house.com).
Le Mozambique
Tofo est un village de pêcheurs situé non loin d’Inhambane. Depuis quelque temps, le tourisme y est en plein essor. Les baleines à bosse, requins baleines et raies mantas attirent les plongeurs du monde entier et les plages se bordent de pensions de famille et de restaurants. Les pêcheurs indigènes, quant à eux, se partagent quelques barques dont la peinture s’écaille. Les jours de chance, ils reviennent avec des barracudas. Mais quand le vent souffle trop, que les vagues sont trop hautes, les filets restent vides et les ventres aussi. Ici comme dans presque tout le pays, l’argent du tourisme remplit les poches des immigrés sud-africains et zimbabwéens pendant que les petits pécheurs côtiers, eux, se serrent la ceinture.
Texte : Corinna Arndt
Journaliste pigiste. Travaille notamment pour les chaînes et stations Deutschlandfunk, DeutschlandRadio Kultur, WDR, Deutsche Welle et BBC World Service.
La Californie
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Texte : Martina Fischer
Correspondante à Santa Monica, notamment du magazine allemand Focus, pour la région Pacifique.
Hawaii
Quand le jour commence à tomber, les touristes du continent, ivres de plage et de soleil, se précipitent dans les bars d’hôtel qui proposent en « rush hour » cocktails et tapas à moindre prix. Les Hawaïens d’origine, qui travaillent presque tous dans le tourisme, se réapproprient alors les plages blanches, paradisiaques. Ils s’identifient tellement à leurs îles qu’ils ne les quittent quasiment jamais. Le peu de leur temps libre, ils le passent dans leurs pickups garés par petits groupes sur le rivage, regardant l’immensité océane à travers le pare-brise, en silence. Pourtant, on ne dirait pas qu’ils ont envie de courir le monde. Ils sont simplement là – heureux ? En tous cas plus sereins que nous.
Texte : Martina Fischer
Correspondante à Santa Monica, notamment du magazine allemand Focus, pour la région Pacifique.
Le Maroc
« Chaque été, de longues files de voitures bloquent les ports du Maroc, attendant de passer la douane. Immatriculées en France, en Espagne, en Allemagne, elles sont bondées, transportant des familles entières, des cadeaux, des produits made in Europe. Trois millions de Marocains exilés n’imaginent pas de passer leurs vacances ailleurs qu’au pays. La vie n’y est pas chère, le soleil brille et les parents et cousins attendent. Leur séjour n’est pas de tout repos. En quelques semaines, il faut leur rendre visite et faire honneur à toutes les fêtes organisées à l’occasion de leur venue. Une chose est sûre : ils sont accueillis à bras ouverts. Beaucoup de Marocains vivent des chèques envoyés de l’étranger. Presque cinq milliards d’euros l’année dernière – un record. »
Texte : Marc Dugge
Directeur du bureau de l’ARD à Rabat.
Le Chili
Les lacs de Patagonie, le désert d’Atacama, 4300 km de côte le long du Pacifique – le Chili est une destination fabuleuse. Mais pas pour les Chiliens qui, en général, n’ont pas de quoi se payer de vacances dans leur propre pays. Il est moins cher d’aller au Brésil que de se rendre sur les glaciers de Patagonie. La moitié des Chiliens sont restés l’an dernier à la maison, faute de moyens. La bonne nouvelle : ils sont tous allés à la mer, un jour ou l’autre, ne serait-ce que pour y travailler. Le pays est une étroite bande de terre et l’Océan n’est jamais bien loin.
Texte : Karen Naundorf
Correspondante à Buenos Aires des hebdomadaires Der Spiegel, Die Zeit, du magazine de la Süddeutsche Zeitung, etc.






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