Né à la campagne en 67, Clifton Bailey déboule dans le dancehall quand il arrive à Kingston à 18 ans. En quelques années, il s'impose comme l'une des grandes voix du reggae digital, aux côtés de Sizzla ou de Bounty Killer. En 95, il est le premier artiste jamaïcain à signer sur Def Jam, le label des Beastie Boys et de Run-DMC. Mais bientôt, les lyrics incendiaires du dancehall sont dénoncés par les associations de lutte contre l'homophobie, qui font interdire les concerts de Capleton ou d'Elephant Man aux Etats-Unis et en Europe. Depuis, tous les artistes jamaïcains sont obligés de signer le "compationate act" s'ils veulent se produire hors de leur île. Mais pour autant, Capleton n'est pas décidé à mettre de l'eau dans son Fiya.
Avant de s'autoproclamer "prophète" des Bobos Ashanti, qui prônent l'ascétisme et le rejet de Babylone, Capleton était un maître du slackness, le ragga aux paroles cochonnes. Aujourd'hui, Capleton est la Mère Teresa de Kingston, où il a fondé la "David's House" qui vient en aide aux enfants du ghetto. Il leur propose une éducation musicale et se positionne comme l'avocat des plus démunis.
Capleton : "Quand j'étais gamin, il y a eu une dispute un jour. J'étais pas témoin direct de l'accident, mais je suis arrivé sur les lieux, je m'en suis mêlé et je me suis mis à argumenter comme si j'avais été là. Alors un de mes amis a dit à mon père "Il n'était même pas là et il arrive, il mène le débat, il parle comme l'avocat Capleton !" Il y avait un avocat à Kingston qui s'appelait Capleton, et c'est comme ça que j'ai hérité de ce nom."







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