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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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ACTUALITE DVD - 10/11/05

Carmen Jones (DVD)

Un drame désarmant

d’Otto Preminger
(Etats-Unis, 1954, 101 min.)
Avec : Dorothy Dandridge, Harry Belafonte, Olga James, Pearl Bailey

Un DVD Carlotta Films

Synopsis : Durant la Seconde Guerre Mondiale, Cindy Lou rend visite à son fiancé, le caporal Joe, au camp de Jacksonville. Carmen Jones, ouvrière de l’atelier de parachutes, aguiche Joe en présence de sa future femme. Après une violente bagarre, Carmen est conduite en prison mais s’échappe durant le trajet…

Critique : Entre deux grands films, « La Rivière sans retour » (1954) avec Marilyn Monroe et Robert Mitchum et « L’homme au bras d’or » avec Frank Sinatra et Eleanor Parker, Otto Preminger réalise « Carmen Jones », un film inspiré de l’opéra de Bizet et de sa précédente transposition par Oscar Hammerstein en pièce musicale. Le film « Carmen Jones » de Preminger est resté inconnu en France notamment pour des sombres complications du fait des ayants droits de Bizet, très violemment opposés aux libertés préalables entreprises par Oscar Hammerstein. Quoiqu’il en soit, plus qu’une simple « comédie musicale » (Stéphane Tréguer en fait très bien la démonstration dans l’un des bonus du DVD associé au film), « Carmen Jones » d’Otto Preminger trouve sa véritable identité dans les contours du drame cinématographique éclatant, voir du pur mélodrame.
Certes Preminger s’est évertué à utiliser la musique de Bizet en insérant de nombreuses performances lyriques (doublées par ses comédiens principaux). Avec Herschel Burke Gilbert l’arrangeur musical du film, le cinéaste a tenu aussi à se servir de certains motifs mélodiques récurrents de l’opéra pour affiner la psychologie du caractère des personnages et de situations particulières. Néanmoins l’intérêt de « Carmen Jones » réside beaucoup dans le parti pris (rare à l’époque) pour lesquels le réalisateur (au statut indépendant) s’est déterminé : créer une histoire composée exclusivement d’acteurs noirs. Harry Belafonte fait ainsi ses premières armes face à une Dorothy Dandridge (Carmen) explosive de sensualité et Olga James (Cyndy Lou) en douloureux Crèvecœur pour un drame désarmant. Sans aucun doute, « Carmen Jones » tient de la même émulation particulière qui voit la même année (1954) sur les écrans du monde le « Magnificent Obsession » de Douglas Sirk ou encore le « Senso » de Luchino Visconti : un désir d’artistes tenus par des perspectives prioritaires d’émotions, qui visent l’effusion lacrymale contenue par une perception noire de l’existence, où l’amour est vécu au travers du prisme des feux d’une passion dévastatrice qui ouvre l'esprit jusqu’aux désillusions de l’âme et abouti à la mort. Atteint du même syndrome d’expression, Preminger en profite pour traiter en sus de la communauté noire américaine ignorée au cinéma et, au départ d’un petit budget (malgré un format en technicolor) il obtint un large succès à l'occasion de la sortie du film aux Etats-Unis. Autant de raisons supplémentaires s’il en faut pour que ce « Carmen Jones » retienne en définitive toute votre attention.

Olivier Bombarda

  • Les bonus :
Saul Bass : l’art du générique
Retour sur le générique de Carmen Jones et sur la collaboration mythique entre Otto Preminger et Saul Bass.

Carmen Jones: un drame musical
Stéphane Tréguer analyse le travail du réalisateur Otto Preminger et les contenus thématiques de Carmen Jones.

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Carmen Jones (DVD)
d’Otto Preminger
(Etats-Unis, 1954, 101 min.)
Avec : Dorothy Dandridge, Harry Belafonte, Olga James, Pearl Bailey
Un DVD Carlotta Films

Edité le : 10-11-05
Dernière mise à jour le : 10-11-05