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1968

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1968

Jeudi 1er mai à 21h00 - 30/04/08

Carnets de voyage

Un film de Walter Salles


En 1952, la découverte de l’Amérique Latine par Ernesto Guevara. Des plaines de l’Argentine aux rives de l’Amazonie, un voyage initiatique avec Gael Garcia Bernal.

© ARTE F / Paula Prandini
En 1952, deux jeunes Argentins, Alberto Granado et Ernesto Guevara, décident de partir à la découverte de leur continent : l’Amérique Latine. Ils commencent leur expédition sur une vieille moto Norton 500 de 1939, baptisée la Vigoureuse.  Ce qui débute comme une aventure prend progressivement une tournure différente. La confrontation avec la réalité sociale et politique des pays qu’ils découvrent altère la perception que les deux amis ont du monde. Cette expérience vécue à un moment décisif de leurs vies éveille en eux des vocations et un nouveau désir de justice sociale.


Delphine Valloire pour Actualité Cinéma

Adaptation d’un livre de souvenirs écrit par le « Che » quelques années après son périple, « Carnets de voyage » démontre que les belles idées et les bons sentiments ne font pas forcément les bons films. La caméra suit ces deux jeunes acolytes, Alberto Granado et Ernesto Guevara tout le long de leur quête initiatique de leur départ en Argentine jusqu’à leur arrivée des mois plus tard au nord de l’Amérique Latine. Au-delà du mythe Guevara, Walter Salles et son équipe s’attachent à décrire Ernesto Guevara et son ami comme des jeunes hommes encore naïfs issus de la bourgeoisie argentine, aux idéaux encore flous qui commencent le voyage pour l’aventure et le terminent par conviction dans un état de conscience sociale avancée, déjà presque politique.
 
© ARD / Degeto
Le cinéaste et le scénariste se donnent beaucoup de mal pour donner de l’épaisseur à ses deux héros à égalité, pour étoffer ce road-movie d’épisode en épisode, pour montrer réellement les habitants du Pérou à l’Amazonie, sans vraiment convaincre. Tous les ingrédients sont idéalement mélangés : un beau voyage, un jeune acteur sexy en pleine ascension Gael Garcia Bernal, un prétexte de discours édifiant social et politique, de « vrais gens » filmés au Pérou, au Brésil ou au Chili et la légende en plus : Guevara, son aura et son charisme débordant en perpétuel sous-texte au film. A ce point du concept, rien d’étonnant à ce qu’on trouve le réalisateur de « Milagro » et de « Au milieu coule une rivière », Robert Redford, en producteur exécutif du projet.
 
Au fur et à mesure que les deux compagnons avancent sur la route le film se fait plus grave au diapason des visages si tristes, des regards plombés des pauvres gens en Amérique Latine qui subissent encore et toujours injustices et humiliation, au fil des vestiges de civilisations détruites par les guerres de pouvoir. Et le film ne fonctionne toujours pas. A la fin Walter Salles se permet de tomber dans son travers favori : un pathos lourd de symboles. Après des dizaines de plans en noir et blanc, portraits à la Richard Avedon de personnes burinées et abîmées par la vie croisées sur la route à la fois du cinéaste aujourd’hui et des deux amis hier, un avion décolle emmenant Guevara loin de son ami Granado. Ecran noir, petit historique de la légende en marche. Puis retour en gros plan sur le visage du vrai Granado, vivant aujourd’hui à Cuba, aux rides profondes et spectaculaires qui regarde s’envoler le même avion : l’émotion en fantôme insaisissable s’évapore encore une fois.

Rediffusions : 02.05.2008 à 14h55
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Carnets de voyage
(Argentine / Pérou / Brésil / Chili / USA, 2004, 126 mn)
De Walter Salles
Avec Gael Garcia Bernal, Rodrigo de la Serna, Mia Maestro
Cannes 2005 - Compétition Officielle
Rediffusion le 02.05.2008 à 14h55

Edité le : 28-03-08
Dernière mise à jour le : 30-04-08


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