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Delphine Valloire pour Actualité Cinéma
Adaptation d’un livre de souvenirs écrit par le « Che » quelques années après son périple, « Carnets de voyage » démontre que les belles idées et les bons sentiments ne font pas forcément les bons films. La caméra suit ces deux jeunes acolytes, Alberto Granado et Ernesto Guevara tout le long de leur quête initiatique de leur départ en Argentine jusqu’à leur arrivée des mois plus tard au nord de l’Amérique Latine. Au-delà du mythe Guevara, Walter Salles et son équipe s’attachent à décrire Ernesto Guevara et son ami comme des jeunes hommes encore naïfs issus de la bourgeoisie argentine, aux idéaux encore flous qui commencent le voyage pour l’aventure et le terminent par conviction dans un état de conscience sociale avancée, déjà presque politique.
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Au fur et à mesure que les deux compagnons avancent sur la route le film se fait plus grave au diapason des visages si tristes, des regards plombés des pauvres gens en Amérique Latine qui subissent encore et toujours injustices et humiliation, au fil des vestiges de civilisations détruites par les guerres de pouvoir. Et le film ne fonctionne toujours pas. A la fin Walter Salles se permet de tomber dans son travers favori : un pathos lourd de symboles. Après des dizaines de plans en noir et blanc, portraits à la Richard Avedon de personnes burinées et abîmées par la vie croisées sur la route à la fois du cinéaste aujourd’hui et des deux amis hier, un avion décolle emmenant Guevara loin de son ami Granado. Ecran noir, petit historique de la légende en marche. Puis retour en gros plan sur le visage du vrai Granado, vivant aujourd’hui à Cuba, aux rides profondes et spectaculaires qui regarde s’envoler le même avion : l’émotion en fantôme insaisissable s’évapore encore une fois.
Rediffusions : 02.05.2008 à 14h55






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