Ça sert à quelque chose, une année Darwin ?
Pierre-Henri Gouyon : Oui, doublement. D'abord, parce que cela intéresse beaucoup de monde. Je suis heureusement surpris par le succès que rencontrent jusqu'ici les manifestations organisées, qu'il s'agisse de conférences, d'expositions, de films. Pour le public, ce double anniversaire (deux cents ans après sa naissance, cent cinquante ans après la publication de L'origine des espèces) est l'occasion de découvrir l'ampleur d'une réflexion scientifique qui n'a peut-être pas d'équivalent dans l'histoire des idées.
"Tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un commencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore."
Charles Darwin, L'origine des espèces
Ensuite, parce que l'intégrisme progresse dans toutes les religions, ce qui amène certains à remettre en cause la théorie de l'évolution et à trouver des gens pour les écouter, cette rencontre n'en est que plus salutaire. Signalons au passage que Charles Darwin lui-même n'a jamais utilisé le terme d'évolution dans le sens… darwinien qu'on lui donne désormais. Il parlait de "divergence" ou de "transformation".
Cent-cinquante ans après, comment sa théorie a-t-elle évolué ?
Pierre-Henri Gouyon: Elle est restée le socle de la biologie contemporaine, en raison de deux principes fondamentaux : d'une part, celui de la divergence des espèces à partir d'une origine commune ; de l'autre, celui de la sélection naturelle. Une même population dont les descendants se trouvent dans des milieux différents peut donner naissance à deux variétés, puis à deux sous-espèces, etc. avec des caractéristiques modifiées. Ces transformations sont dues à la sélection qui conserve, parmi les variations héréditaires qui apparaissent à chaque génération, celles qui peuvent augmenter la survie ou la reproduction des individus, à l'image de la sélection artificielle pratiquée par les humains sur les plantes et les animaux domestiques.
Toute la diversité du vivant peut s'expliquer par ce processus. Il permet de comprendre, par la filiation des êtres, leurs différences et leurs similitudes, tout en donnant sa cohérence à leur classification. Darwin pose aussi les bases de l'écologie, la science de l'interaction entre les organismes vivants et leur milieu.
Pour se trouver au niveau d'un naturaliste d'aujourd'hui, il ne lui a manqué que deux éléments. D'abord, il n'a pas envisagé le phénomène de la dérive des continents, ce qui l'a obligé à conclure, à tort, que certaines espèces avaient migré sur de grandes distances ; et, surtout, il n'a pas eu l'intuition du mécanisme de l'hérédité. Mais d'une certaine façon, ce point aveugle dans sa théorie a fixé le programme de recherche pour les générations suivantes : la génétique.
Le père de la biologie moderne a-t-il été isolé dans la communauté scientifique ?
Pierre-Henri Gouyon: Tout au contraire, il ne cesse de dialoguer avec ses pairs. Ce paradigme qu'il fait naître est dans l'air de son temps, puisqu'un savant plus jeune, Alfred Russell Wallace, formule en même temps que lui des hypothèses similaires. Et si la première édition de L'origine des espèces se vend en une demi-journée, c'est bien parce que ses contemporains doivent être prêts à l'entendre, fût-ce dans le conflit et l'anathème ! Ce qui est stupéfiant chez lui, c'est qu'à bien des égards, il ressemble à un chercheur de notre temps, qui travaille à une échelle mondiale.
D'abord, il accomplit tout jeune ce voyage initiatique à bord du Beagle, qui lui permet d'explorer des milieux naturels d'une diversité incroyable pour son époque, en Amérique du Sud, puis en Océanie. Ensuite, revenu en Angleterre, il profite des débuts de la poste pour suivre les travaux scientifiques dans le monde entier. Mais c'est aussi un visionnaire, qui en l'espace d'une vie a construit un édifice colossal. Pour la plupart d'entre nous, ses idées gardent la force d'une révélation : ce n'est qu'en fin de cycle universitaire qu'on étudie la théorie de l'évolution et cela donne subitement son vrai sens à tout ce qu'on a appris jusque-là. Si l'on ne doit lire qu'un seul livre de biologie dans sa vie, je recommande sans hésiter L'origine des espèces.
ARTE fête le bicentenaire
samedi, 6 juin 2009
| 10:05 |
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Un fantôme dans nos gènes
Selon les chercheurs en épigénétique, nos gènes seraient susceptibles d'être modifiés par des événements extérieurs... |
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DÉTAILS
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samedi, 6 juin 2009 à 10:05Rediffusions :
Selon les chercheurs en épigénétique, nos gènes seraient susceptibles d'être modifiés par des événements extérieurs... "ARTE Sciences" fait le point sur leurs travaux, qui pourraient bouleverser notre appréhension de l'être humain.
À la fin des années 1990, la communauté scientifique se prend à rêver : grâce au décodage du génome humain, on pourra bientôt guérir toutes les maladies ; l'ADN est une bible qu'il suffit de savoir lire pour comprendre le fonctionnement de l'organisme. À l'époque, on estime le nombre de gènes humains à cent mille. Très vite, au fur et à mesure que le décodage progresse, le chiffre décroît. "Finalement, explique Michael Skinner, de l'université d'État de Washington, on s'est aperçu que l'homme n'avait pas plus de gènes qu'une vulgaire plante !" À peine trente mille : pas de quoi expliquer la complexité de son fonctionnement ! Parallèlement, Marcus Pembrey, professeur à l'Institut de la santé infantile du University College de Londres, fait une découverte troublante : deux maladies sur lesquelles il travaille, les syndromes de Beckwith-Wiedemann et de Prader-Willi, ont pour origine le même chromosome défectueux. Plus curieux encore : lorsque ce chromosome vient du père, c'est le syndrome de Prader-Willi qui se développe ; quand il vient de la mère, c'est celui de Beckwith-Wiedemann qui apparaît. Comment expliquer qu'un même gène soit à l'origine de deux maladies ? Soit la transmission ne se fait pas uniquement par les gènes ; soit un gène est modifié par son parcours antérieur et conserve, en quelque sorte, la mémoire de sa propre histoire. Cherchant à valider ces hypothèses, les scientifiques font alors une autre découverte : les gènes semblent disposer d'une sorte d'interrupteur qu'un simple changement d'environnement (choc émotionnel, carences alimentaires, etc.) serait susceptible d'activer ou de désactiver. Et la position de l'interrupteur se transmet d'une génération à l'autre. Ainsi, la "mémoire" génétique d'un événement peut traverser les générations sans que les intéressés en soient conscients. La question n'est pas seulement de savoir de quels gènes nous avons hérité. Il faut aussi se demander s'ils sont activés ou pas. En résumé : dis-moi ce que mangeait ta grand-mère, je te dirai qui tu es ! |
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samedi, 6 juin 2009
| 10:55 |
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La science en guerre
Dieu contre Darwin ? Aux États-Unis, certains scientifiques défendent la théorie du "dessein intelligent"... |
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DÉTAILS
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samedi, 6 juin 2009 à 10:55Rediffusions :
Dieu contre Darwin ? Aux États-Unis, certains scientifiques défendent la théorie du "dessein intelligent", qui veut que l'univers ait été créé par un être supérieur. Le film confronte leurs points de vue avec ceux des défenseurs de la théorie de l'évolution.
Près d'un siècle et demi après la publication de L'origine des espèces de Charles Darwin, des scientifiques et des universitaires américains opposés à la théorie de l'évolution pensent pouvoir démontrer que le monde résulte d'un "dessein intelligent" ("intelligent design"), et par conséquent prouver l'existence de Dieu. Selon eux, l'univers et la vie sur Terre ne peuvent qu'avoir été conçus par un être supérieur. À Harrisburg, en Pennsylvanie, les responsables de l'instance scolaire locale ont tenté d'introduire cette théorie dans le cursus de la Dover District School, provoquant la colère d'une partie des parents et des enseignants qui ont porté l'affaire devant la justice. Une bataille juridique a alors enflammé l'Amérique. Les médias du monde entier ont convergé vers la petite ville, et même le président des États-Unis s'est penché sur la question. Car toute référence à Dieu ou à la religion est contraire au premier amendement de la Constitution, qui stipule la séparation de l'Église et de l'État. Le film confronte les points de vue des deux parties : d'un côté les partisans du "dessein intelligent", au premier rang desquels Philip E. Johnson, considéré comme le père de cette théorie controversée, le biochimiste Michael Behe et le mathématicien William Dembski ; de l'autre les défenseurs de l'évolution, notamment le biologiste "néo-darwinien" Richard Dawkins et David Attenborough, le pionnier anglais du documentaire "nature". |
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dimanche, 1 janvier 2012
| 02:55 |
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Le grand voyage de Charles Darwin - Les origines de la théorie de l'évolution
Sans son voyage de jeunesse autour du monde, Darwin serait-il devenu Darwin ? Des côtes sud-américaines au coeur de la campagne anglaise, récit d'une des plus belles aventures de la science. |
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DÉTAILS
Dossier
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dimanche, 1 janvier 2012 à 02:55Rediffusions :
Sans son voyage de jeunesse autour du monde, Darwin serait-il devenu Darwin ? Des côtes sud-américaines au coeur de la campagne anglaise, récit d'une des plus belles aventures de la science. En 1831, Charles Darwin a 22 ans. Naturaliste fraîchement diplômé de Cambridge, il se prépare à devenir pasteur, selon le voeu de son père. Mais une perspective autrement plus tentante s'offre soudain : participer, en tant que scientifique, à l'expédition du Beagle, qui part cartographier l'Amérique du Sud sous les ordres du jeune capitaine Fitzroy. Un fabuleux voyage qui, au total, durera cinq ans, de la première étape (le cap Vert, où il découvre déjà plus de cent espèces différentes) aux îles Cocos, un atoll du Pacifique, via le Brésil, la Terre de Feu, les Galápagos, le Chili, l'Australie... Partout, Darwin explore, collecte, analyse, expédiant au fur et à mesure en Angleterre des milliers de spécimens, végétaux et animaux, qui figurent aujourd'hui parmi les trésors scientifiques de la Couronne. Confesser un crime |
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jeudi, 18 juin 2009
| 14:00 |
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Galápagos
3. La force des éléments |
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DÉTAILS
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jeudi, 18 juin 2009 à 14:00Rediffusions :
Un prodigieux voyage dans le sillage de Charles Darwin, qui visita l'archipel en 1835. Dernière étape.
La situation des îles (treize principales, auxquelles s'ajoutent des îles secondaires et une centaine d'îlots et d'écueils), à l'aplomb d'un point chaud au carrefour de nombreux courants océaniques, rend leur devenir difficilement prévisible. Le volcan de Fernandina est le plus actif et le plus imprévisible de l'archipel. Quant à l'île la plus isolée, Roca Redonda, elle est le sommet d'un énorme volcan sous-marin et offre une aire de nidation appréciée des oiseaux de mer. |
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